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19 février 2012 7 19 /02 /février /2012 20:07

...

jeune et talentueuse,

passionnée et joyeuse,

humble et généreuse,

tendre et amoureuse,

écorchée et courageuse,

joyeuse et sérieuse.

Cette nuit une plume s'est envolée, déambuler ailleurs, loin, trop loin. Je suis triste et en colère.

Salut  flo et merci!

CIMG2045.JPG

 

Ecrit entre Vincennes et Marne par Florence Andrea

 

L’air est frais comme une caresse irlandaise. Giugiulena est penchée sur son livre, près du lac, abandonnant parfois sa lecture dans un balancement lent et léger propice à la rêverie. La suspension du hamac crée ce flottement étrange, comme un temps suspendu dans une vie de course. Les bruits qui viennent à elle sont comme engourdis, étouffés par un drôle de coton imaginaire faisant écran ; les phrases musicales mêlées des voix des visiteurs du temps bouddhiste, les cris des enfants qui jouent, les canards glissant sur l’eau, les rires des vieux courbés sur leur banc atteignent à peine Giugiulena accrochée dans les arbres à quelques mètres.

Jack. Son nom claque comme sa paire de baskets sur le bitume. Il court. Il souffle, crache, souffle et recommence. Comment savoir d’où il vient et où il va repartir quand son circuit autour du lac, point central liquide des promeneurs du dimanche, quand ce circuit sera clos et l’aura mené à son point de départ ?

Il est l’acteur principal du deuxième film projeté en parallèle sur ce même écran de verdure ; si l’un est au ralenti, comme en apesanteur, l’autre est en accéléré.

Le visage rouge, le chien mouillé, Jack souffle, crache et recommence. Cherche-t-il à ce moment la plus intense expression de l’humain ? L’âme n’y est pas, mais c’est son corps qui doit exprimer, presser jusqu’à en extraire la vie la plus basique et animale : il suinte, tremble, chauffe, frappe dans sa poitrine. Contrôle des battements cardiaques, pression diastolique régulée, progression de la fraction d’éjection, optimisation de la courbe. Perfection ? L’esprit fixe les objectifs à atteindre tandis que les pieds frappent la terre. Impulsent, accélèrent… volent… et quelques instants plus tard, le grand corps musclé se fracasse dans la poussière.

Abasourdi mais en colère, le grand corps crache ses mots agressifs à la fille lunaire qui vient de lui barrer la route avec son vélo. Mais d’où vient-elle cette écervelée, empêcheuse de tourner en rond ?

Giugiulena est zen, tellement zen que son regard clair transperce les carapaces de coureurs et perturbe les battements du cœur. Jack lève les yeux de la poussière, les liens qui le retiennent à l’intérieur de son corps se desserrent et laissent parvenir les percussions du temple bouddhiste à son oreille, les effluves d’encens le titiller, la douceur du vent le toucher. Instantanément Jack vient de traverser l’écran pour entrer dans le film au ralenti, un monde d’ondes et d’êtres flottants tels les dormeurs dans les hamacs.

Telle Giugiulena debout dans l’instant présent ;

Un papillon sur l’épaule.

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commentaires

N
désolée... pour elle, pour vous, pour nous.
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F
merci pour cette attention qui nous touche beaucoup. merci pour elle qui aimait écrire et aimait ton blog. bises
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