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7 mars 2012 3 07 /03 /mars /2012 09:30

Fin de clap

 

Le public de musique classique est réputé pour son intransigeance et ses rites…

Respecter un silence profond, esquisser des mimiques entendues à l’entrée de passages clés connus des seuls mélomanes, et surtout, surtout, ne pas applaudir à la fin d’un « morceau de bravoure » ou d’un acte.

J’ai vu plus d’une fois un malheureux, pris par l’enthousiasme, s’élancer – on le sent prêt à une frénésie de claquements et de sifflements – et au premier clap, se ratatiner dans son siège, fusillé du regard et quasi en état de mort sociale.

Ils exagèrent, me disais-je, quel snobisme !

Jusqu’au jour où, Salle Pleyel, écoutant un concerto de violon de Mozart, à un moment où l’instrument doit faire entendre une ligne à peine tenue, frémissante, avant de remonter en un chant glorieux, une grande majorité du public, croyant à une fin perlée, se mit à applaudir…

 Je regardai alors l’interprète, suspendue dans son geste, le visage décomposé… combien d’heures passées  pour trouver ce fil ténu ?

Depuis je suis rentrée dans le camp des garde silence…

 

GriZou3.JPG

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