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27 janvier 2012 5 27 /01 /janvier /2012 07:30

Texte de Véronique


Loup de mer échoué sur la terre ferme d’un square parisien ; sa vie y tangue encore un peu. Un banc nu, des feuilles tombées, l’hiver qui arrive en courant. L’homme sans manteau ne frissonne même pas. Menton en galoche, joues râpeuses, plus de dent, les yeux clairs presque entièrement recouverts d’épais sourcils blanchis, visage sans regard sur un corps de granit.
Se souvient-il qu’on peut se chauffer au bois, au tabac, au calva, à la soupe populaire, au tremblement de la colère ? Se souvient-il du claquement des haubans, des pierres grises du port, d’une main qui prend la sienne pour avoir moins peur du noir ?
Pas de bouteille à sa portée. Aucun sac à son côté. Personne à qui parler. Ni cigarette, ni vivres, ni journal, ni radio. Juste le socle dur de la terre gelée, plage de silence dans la ville tumultueuse, rade déserte adossée à la multitude.
Mettre du jazz à fond, brancher une soufflerie à faire pousser des palmiers, déclamer un poème homérique, se donner du courage, s’avancer d’un pas décidé et dire « ça va ? ». Tu ne me vois pas. Tu ne me regardes pas. Tu ne réponds pas. Tu fais la statue. Tu me figes. Pour respirer, je te souris. J’échoue.

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commentaires

N
Pour respirer, je lis les traces d'une qui me parle du souffle court d'un autre.<br /> Il fait froid sur la terre.<br /> Touchée.
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