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20 novembre 2010 6 20 /11 /novembre /2010 19:07

anjou3

Les feuilles de châtaigniers jonchent le sol trempé et le vent égrène celles restées plus haut donnant aux arbres le son de l’océan.

Les pas en les foulant soulèvent les odeurs d’automne. Le promeneur marche courbé pour cueillir les fruits tombés, ses doigts piqués et couverts de terre.

Au loin, le son des fusils et des chiens.

Sur le menu du restaurant tout près, du lièvre.

 

 

 

 

 

 

 

Des buffets gargantuesques pour le petit déjeuner, des produits locaux, des pâtisseries maison et du café frais chaud.anjou 2

Des serveurs souriants sans être affables. Aimables juste ce qu’il faut.

Des tables couvertes de nappes blanches en tissu épais.

Des boiseries, des vieilles dames d’une autre époque dans des cadres, du blanc sur les murs.

Des lustres, des fauteuils recouverts de velours.

Un quart de queue avec un échiquier en bois posé dessus.

Une armure.

Des grands rideaux lourds aux couleurs d’automne retenus par un cordon.

La vue sur la Loire.

Plus loin le Tuffeau, les pigeonniers, les arbres aux feuilles mortes, l’eau et ses bancs de sable.

Pour quelques heures, la fin de la course. Une parenthèse. Le calme. Le silence.

 

 

 

anjou Un patron de bistrot jovial, chemise rose, cinquantaine assumée et bedaine prononcée annonce les consommations à Sabrina, jeune femme masculine campée derrière le bar.

- C’est des Belges. Ils viennent voir les caves des vins. C’est pas grave si il pleut. Hein ? C’est pas grave.

Un écran vidéo branché sur Eurosport retransmet les essais d’un grand prix de Formule 1. Sur les tables des grilles de loto vierge, au mur des affiches PMU et une publicité pour la bière de novembre.

- Deux cafés à suivre et un cappuccino. y’a beaucoup de Belges aujourd’hui, t’as vu ?

Quatre jeunes hommes, tout juste sortis de l’adolescence et pas encore entrés dans l’âge adulte jouent frénétiquement au tarot.

- Ils boivent quelque chose ?

L’un est furieux de s’être fait piquer son roi de carreau. Les trois autres jubilent.

- Alors, un coca fraise, deux coca light et un coca zéro.

Le patron jovial ne note rien. Sabrina dépote.

- Tu sais combien on vend de bouteilles de coca par an au Saint-Cloud ? Dix mille.

Dehors la pluie a cessé et le soleil perce à travers les carreaux, créant un reflet sur l’écran de télévision. L’après-midi s’écoule.

- Allez au revoir messieurs dames. Bonne visite des caves. Moi c’est Hervé.

 

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