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Le propos

Regards sur la culture, images des rues, mots venus par inspiration

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12 octobre 2014 7 12 /10 /octobre /2014 19:16

En ce dimanche d’automne à la météo sinistre à souhait, le ciel bas, la pluie drue et un fort besoin de chaleur intérieure, j’ai fini L’amour et les forêts d’Eric Reinhardt.

Ce roman, je l’ai lu avec urgence, avec passion, avec mes trippes.

Le pitch : une femme écrit à un écrivain tout le bien qu’elle pense de son dernier roman. Ils se rencontrent et la deuxième fois, elle lui livre sa vie. Une partie tout au moins. Le reste, il l’apprendra plus tard.

C’est simple, n’est-ce pas ? Tout comme l’enfer qu’elle vit au quotidien parait tellement évident au lecteur, la fuite vitale. Et pourtant, la machine infernale semble inéluctable, autant que je suis portée par les mots assemblés, les idées qui me viennent, les échos qui résonnent.

Sur mon propre amour, je me rassure ou je tremble, je cherche le fil, celui de l’équilibre, celui de la limite. Justement ce n’est pas binaire, cela se construit dans le temps, tout comme cela peut se déliter, lentement. L’amour, la confiance, cette chose précieuse qui nous lie à l’autre. Et puis, ce qu’on sait en dire, ce qu’on garde, ce qui ronge son intérieur, lentement, insidieusement, inéluctablement. Car la communication c’est la vie. Et l’absence la mort. Dire, écrire ou se donner le droit de vivre.

J’ai été bercée au tout va s’arranger et j’ai appris en grandissant que peut-être pas. L’amour et les forêts l’écrit avec brio, sans clichés comme dirait mon ami L. C’est une prouesse littéraire de pouvoir montrer sans souligner. L’intervention de Villiers de l’Isle Adam amène la possibilité du noir et de l’étrange. C’est très fort.

Voila, un chef d’œuvre à mon avis. Pour moi il résonnera longtemps comme un souvenir intégré en moi. Comme la possibilité de mettre en mots, les émotions vives et les choses indicibles.

l-amour-et-les-forets.JPG

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Published by Plume de rue
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commentaires

E. 28/12/2014 17:28

tout ce que tu en dis en écris en dévoile libère les doutes que j'avais à me procurer ce roman pour m'y plonger...
"une éducation catholique" est dans ma liste mais pas encore sur l'étagère, et là le doute s'infiltre en moi...
bien à toi

Plume de rue 03/01/2015 17:43



l'amour et les forêts est une jolie lecture de 2014, j'ai aussi aimé une éducation catholique. Pourquoi choisir ?


Merci de ta visite ici, je te souhaite une belle année. Bises



L 14/10/2014 17:00

Chère Plume de Rue,
Au hasard de récentes déambulations chez les vendeurs de livres, je parcourais, d'un regard oblique, la quatrième de couverture du dernier ouvrage de Monsieur Reinhardt. Je tournais, virais et
sortais finalement, les mains vides. Fier d'avoir sû résister à la fièvre consumériste de la rentrée littéraire, à l'un de ces ouvrages typiquement français, nombrilistes et vains. Sous la pluie
fine et pénétrante, mes petites vanités cédèrent cependant assez vite le pas à une sourde résignation. N'étais je point à nouveau l'esclave du Siècle des Lumières privilégiant la Raison au
détriment de la Passion et autres Désirs ardents ? Depuis lors, j'ai cédé à la rentrée, au livre nombriliste et vain et ....entamé la lecture d'une Education Catholique de Madame Cusset et m'y
ennuie mollement.
Votre texte élogieux Chère Plume, me conforte à l'errance littéraire et un jour cela est sur, j'irais au fond des bois avec ou sans Monsieur Reinhardt que vous m'aurez prêté sans doute entretemps.
Soyez en remerciée ! L

Plume de rue 16/10/2014 11:07



Cher L, Merci de ce message retour à ce post d'amour et de forêts. Si vous m'offrez un café concurrent, je vous prête le livre ! Pour ce qui est de Catherine Cusset, c'est amusant, il est sur mon
étagère, j'aurais aussi pu vous l'économiser et je me sens bizarrement moins empressée de le lire. Bref ... Alors ce café ? La bisavous. Pdr