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9 octobre 2010 6 09 /10 /octobre /2010 00:01

 

Un jour de rentrée, le siège d’une grande entreprise est soumis à une invasion.

Une poignée de syndicalistes furieux vient réclamer l’ouverture de négociations.

Dans le milieu professionnel, de politique, jamais il n’est question.

Mais l’arrivée inattendue des trublions

Provoque des remous dans les conversations.

Il y a ceux qui affichent ou dissimulent leurs opinions.

Montrant sympathie, indifférence ou aversion

Il y a ceux qui se montent le bourrich(i)on

Supposant que musclées peuvent devenir les revendications

Et se voient déjà otages comme dans un avion,

Déchaînant du coup quelques passions.

Des vigiles pour le renfort sont appelés en mission,

Et les dirigeants, des salariés assurent la protection.

Le patio de cet immeuble moderne donne bien curieuse impression,

Quand est étendu entre deux poteaux, le linge de ceux qui craignent pour leur situation.

L’électricité est coupée à titre de dissuasion

Interdisant toute sonore manifestation.

De lever le camp quand arrive le week-end, il n’en est pas question.

Plus de 10 jours dure ainsi des locaux l’occupation.

Ayant finalement obtenu quelques compensations,

Mais de la direction

En aucun cas la démission,

Les grévistes s’en vont préparer de nouvelles actions,

Et exprimer ailleurs leur détermination,

Laissant l’entreprise reprendre le cours de ses réunions.

 


******

 

Avec les camarades, ils ont mûri l’opération à coups de réunions dans les locaux du syndicat. Ils ne vont pas se faire sucrer leurs avantages. Merde. C’est déjà pas grand-chose. Alors ils ont décidé de faire le siège de la direction. Au siège. Jusqu’à obtenir un peu de considération. Mais attention. Pas de violence. Joie et bonne humeur. La sono et les trompettes pour marquer la présence. Le frichti et les Quechua au cas où il faudrait rester. Tout est prévu. C’est la rentrée. Et cette année, on va donner raison à ceux qui disent qu’elle va être chaude. Merde.

 

******

 

On l’a prévenue à l’aube. Elle a renvoyé son chauffeur et est restée chez elle. Perte de temps. Les ingrats. Après tout ce qu’elle a fait. Et là-bas, aux Etats-Unis, que vont-ils penser ? Il va encore falloir qu’elle explique.

 

******

 

Tirés à quatre épingles ou en « casual every day », ils cherchent à gagner plus ou à travailler moins. Et s’ils se groupaient, de quoi serait fait le genre humain ?

 

******

 

Depuis la salle de réunion au premier étage, il les regarde d’en haut. Ils sont là, traînent, attendent. Désoeuvrés. Sur leurs panneaux, leurs revendications sont affichées. Combien ça coûte ce qu'ils demandent ? 5 fois, 10 fois moins cher que le projet dont il est question.

 

******

 

Son bureau est au même étage que celui de la direction. Qui n’est pas venue aujourd’hui. Pas folle. Mais lui il en profite. Du tambour. Des trompettes. Tu parles d’une rentrée. C’est pas ça qui va faire avancer son boulot. Y’a même pas un « black » parmi eux.

******

 

En sortant de la cantine avec ses collègues du marketing, elle les regarde avec leurs cheveux longs et leurs moustaches, leurs gilets jaunes sur leurs combinaisons rouges et leur ventre rebondi, cet air qu’ils ont d’y croire. Leurs signes ostentatoires de motivation, de détermination, d’engagement. C’est la lutte finale résonne dans la cour en béton. Elle fredonne les paroles. Pince les lèvres. Quand vient Hasta Siempre, ça sort tout seul. Commandante Che Gevara. Trop tard pour se reprendre. Tous ceux de son service ont entendu et la regardent. Alors elle justifie. « Mais si, c’est une reprise … Zebda… ». La boulette. Elle va passer pour sympathisante. C’est pas malin. Et pourtant… Si ils savaient.

 

 

DSC00140.JPG

 

 

- Ca craint !

- Carrément. T’imagines ce que vont penser les autres occupants de l’immeuble ?

- Tu m’étonnes. Bonjour l’image.

- Remarque c’est sympa. Ca met de l’ambiance.

- Ouais. C’était mieux quand il y avait la sono. Là les sifflets c’est moyen.

- Mais oui, c’est vrai ça. Y’a plus la musique. Les chants de l’armée rouge. Le rock.

- On leur a coupé l’électricité.

- Hein ?

- Oui, ils étaient branchés sur le parking. Du coup, l’escalier est dans le noir.

- Ca n’a pas l’air de les décider à partir.

- Ils ont l’habitude.

- Et au fait qu’est-ce qu’ils veulent ?

- …

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commentaires

E
<br /> joie !<br /> <br /> <br />
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M
<br /> <br /> les articles sont publiés sur plume de rue selon un modèle aléatoire et sans aucune logique statistique. L'auteur n'est pas sensible à la pression ... enfin pas trop.... enfin ... peu ...<br /> <br /> <br /> <br />