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Le propos

Regards sur la culture, images des rues, mots venus par inspiration

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11 octobre 2011 2 11 /10 /octobre /2011 10:05

 

Le RER rend méchant, c'est une certitude. Un jour comme aujourd'hui, il y a plus de monde et quand bien même ce serait une illusion puisqu'il y a le même nombre de trains que d'habitude, c'est la grève, alors ça énerve. La grève et tout le reste. Les insomnies, les voisins du dessus qui s’exercent au curling entre minuit et une heure du matin, sinon comment expliquer les objets jetés sur le parquet, ces objets contondants qui donnent des envies de meurtre et puisqu'il faut être raisonnable, de juste faire ressortir le mauvais côté qui est en nous, le côté obscur. Car l'homme est méchant, c'est une certitude. Et la femme ne vaut guère mieux. Un matin comme aujourd'hui dans le RER, je me mets en position du guetteur féroce, du chasseur (ce terme n'a pas d'équivalent féminin chère Alix) de la denrée la plus rare des transports en commun aux heures de pointe : une place assise. Je surveille, me faufile, avise un individu manifestement prêt à ranger son roman de gare dans sa sacoche et donc de descendre à la prochaine et me poste ostensiblement à sa plus forte proximité, façon marquage de butteur dans un match international. Conformément à mes calculs -je suis douée pour ça- l'individu se lève à Châtelet et joue des coudes pour sortir pendant que je m'assieds sur sa place encore chaude, prenant bien soin de ne jeter aucun regard à la ronde pour être sure de n'en croiser aucun. Je savoure et sors mon roman qui aurait pu être acheté chez relais H. A peine plongée dans la même page commencée depuis plusieurs jours, je sens l'extrême inconfort d'un sac qui me laboure le haut du bras gauche. Dans le gras, certes c'est rembourré mais c'est une atteinte à mon espace vital et c'est insupportable. J'exerce une pression contraire. Timide puis plus appuyée dans le baise en ville de la dame. Courageusement, j’esquisse même un regard de tueuse, les yeux plissés, les sourcils froncés et les lèvres pincées. Le combat pourrait durer jusqu'à la Défense, je m'en fous je suis assise. Mais la propriétaire du sac y farfouille et en extirpe une carte rectangulaire comme dans les mauvaises séries télévisées  au moment où le flic dit au suspect, de son air le plus légitime : « Police ! vous êtes en état d'arrestation ! » Mais elle son laïus à elle c'est : « je voudrais bien m'asseoir » et sur sa carte quelque chose qui commence par « invalide ». Je ne lis pas la suite. Je suis bien trop occupée à ruminer mon immédiat statut vertical au milieu du couloir bondé et, je dois le confesser, à détester les handicapés.

J'ai honte, c'est une certitude mais je suis sure que vous aussi chers lecteurs au masculin et au féminin, vous êtes parfois traversés d’inavouables pensées. J'en connais d'ailleurs deux trois...

C'est pourquoi, je vous propose de faire de cette chronique du RER A, un espace interactif où vous déposerez sous forme de commentaires ou m’enverrez par mail vos posts rédigés sur vos plus basses pensées. A la manière d'un "miroir mon beau miroir dis moi qui est la plus laide", au masculin ou au féminin.

 

miroir.JPG

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commentaires

Nadège 11/10/2011 12:45


La dérision pour défoulement, très réussi et très drôle j'adore !


Magdeleine 18/10/2011 16:08



Merci! Comme quoi, parfois, pensée avouée porte à hilarité !