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Le propos

Regards sur la culture, images des rues, mots venus par inspiration

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10 décembre 2013 2 10 /12 /décembre /2013 18:02

Je suis née dans un bain de maths. Le soir au dîner, nous mangions du hachis Parmentier et des termes en t2, de la salade d’endives et des dérivées secondes, du beefsteak sauce Euler. Des maths j’en ai ensuite bouffé jusqu’au Bac, puis je les ai eues en perfusion en classe préparatoire et enfin je les ai digérées dans leur version appliquée à la finance à la fac. Je m’en suis servi pendant les trois premières années de ma vie professionnelle et depuis, j’ai tout oublié.

Aujourd’hui, je fais du marketing et je suis souvent tangente dans mes décisions. Celles-ci se prennent sur la base de moyennes et de soustractions simples dont le résultat doit toujours être positif. J’additionne les patates chaudes et les intégrales sont devenues des forfaits qui évitent de décortiquer l’intérieur. Régulièrement mes sinus sont douloureux mais ce n’est rien en comparaison de mon épaule droite luxée par un mouvement de torsion dans l’espace réel en trois dimensions.

Pourtant j’étais bonne en maths. Et je crois même m’être bercée de l’illusion que j’aimais cela. Bien plus que la physique et son pragmatisme déconcertant. Les maths font rêver, construisent des échafaudages de créativité, donnent des clés sur tous les mystères environnants.

Aujourd’hui, je m’en sers pour calculer la largeur de la tête de mon chef quand il a eu sa promotion ou pour mesurer la distance à parcourir pour ne plus être dans la lune. Peut-être devrais-je aussi m’intéresser à la probabilité de garder mon emploi en écrivant mes posts sur mes heures de bureau ? Mes démonstrations se font à coup de camembert et les sommes pour i allant de 1 à n s’arrêtent en montant de mon budget.

Les maths m’ont bercée et aujourd’hui qu’en reste-t-il ? Le souvenir de Kolmogorov et de Smirnov, des pattes de mouche sur le tableau noir de ma mémoire, le carré de l’hypoténuse et une habitude rouillée (très) de se creuser les méninges.

Si j’avais une fille de 15 ans, ou un fils de 13 et qu’ils me demandaient de leur expliquer le théorème de Thalès ou de les aider à résoudre un problème de baignoires qui se remplit à coup de bondes ouvertes et de robinets à débit différé, je les renverrais vers Google !

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5 décembre 2013 4 05 /12 /décembre /2013 16:58

C’était un vendredi et à suivre un weed-end dans la villégiature familiale.

J’avais pesé le pour et le contre, mesuré le delta entre l’absence de liberté et la privation. C’était le bon jour et je ne flancherais pas.

Je suis arrivée alors que le soleil était couché depuis longtemps et mon père aussi. Ma mère avait gardé un frichti de saucisson et de salade de riz. Elle m'a regardée manger, debout à côté de moi. Je lui ai dit ma décision, elle a répondu très bien. Et puis j'ai allumé une Chesterfield bleue. Dans le paquet, il en restait 10, 9 peut-être. Je lui ai dit : c'est la dernière. Elle a répondu, très bien. Cette cigarette, je ne me souviens pas l'avoir fumée, mais je me souviens l'avoir écrasée longuement dans le cendrier en grès à gros grains, en la regardant de l’exact contraire de machinalement.

C'était le 5 décembre 2003 et je n'ai jamais retouché une cigarette depuis.

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1 décembre 2013 7 01 /12 /décembre /2013 10:33

La famille Semianyki c’est ….

Des clowns déjantés, du cirque pour adultes, de la poésie sans parole, de l’humour grinçant, une folie russe, un pur moment de bonheur.

La mère arrive enceinte jusqu’aux dents. Elle commence en avant scène, seule et asperge le premier rang en étendant sa lessive. Puis elle ouvre un drap blanc sur son intérieur qui fait autant rêver que chez les Deschiens. Le père se fait torturer à coups de pince à linge, dans sa sieste par ses quatre monstres, tous campés ! Il y a l’affreux fils aux tendances psychopathes qui aime couper les mains avec un jouet en plastique et ses trois soeurs, la mal aimée à la minerve, l’apprentie électricienne et la petite dernière à la tétine, facétieuse. Ils prennent le temps de nous faire entrer dans leur univers, montrent sans exagérer leur quotidien fait de trompe l'ennui à coups de poulets qui tombent du ciel dégommés au pistolet en plastique. Quand l’affreux fils écrit à la craie sur des murs invisibles, c'est un ballet réglé au millimètre. Quand la mère de famille roudoudou se déhanche pour séduire son mari à bout des crasses de sa progéniture, c’est purement gracieux. Quand le père part au bout de la troisième tentaive, on est pris à la gorge par leur détresse. C’est juste et sincèrement investi. Quand le fils avec ses cheveux orange et hirsutes arrive sur un vélo pupitre, quelques spectateurs deviennent musiciens et décoiffés à l'insu de leur plein gré et c'est jubilatoire. Enfin, quand la mère passe le téléphone à un spectateur du premier rang lui signifiant que c'est pour lui, c’est fin, très fin.

On sort de chez la famille Semianyki avec quelques confettis dans les cheveux, un peu humides et dépêtrés des bandes du papier final avec une sensation de plénitude. De l’humour, du vrai qui nous transporte avec connivence!

paris oct 13 15

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29 novembre 2013 5 29 /11 /novembre /2013 12:36

Je m’embarrasse assez peu de raccourcis et pour me promener sur la toile, je préfère taper l’adresse url du site web dans la case prévue à cet effet. Par exemple, quand je vais sur plume de rue, je frappe avec mon majeur droit et mon index gauche http:/plumederue.over-blog.fr dans la barre de navigation (vous avez noté au passage que je ne me servais pas de mes dix doigts ce qui est très mal aussi sans doute). Je tape donc et comme d’autres individus sur d’autres sujets, il m’arrive de me tromper. Ce matin, voulant m’enquérir des dates des congés scolaires de l’année 2014 (eh oui !), et ne connaissant pas par cœur l’adresse du site web de l’éducation nationale (eh non !), je passe par mon moteur de recherche préféré.

Bing, je me trompe et je tape : fgoogle.fr dans le navigateur. Et voilà sur quoi je tombe :

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C’est fort non ? Evidemment, je ne suis pas intéressée, alors je dirige la souris vers la croix pour fermer et pouf :

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C’est encore plus fort ! Bravo au marketing de ce site !

Peut-être voudrez-vous essayer. Attention, ça ne marche pas à tous les coups. En effet, j’ai tenté de réitérer pour accorder encore plus de crédibilité à ce post et voilà sur quoi je suis tombée (et toujours pas parce que je suis intéressée, rassure toi mon amour !) :

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Rien à voir. Ce n'est toujours pas un moteur de recherche mais ça en a le nom !

Chapeau ! Google, encore plus fort que la Samaritaine, on y trouve de tout, même ce qu’on ne cherche pas : de nouvelles opportunités, des idées marketing et des petits sondages !

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24 novembre 2013 7 24 /11 /novembre /2013 15:13

Au parc, ce matin, une dame âgée promenait un chien. Un toutou blanc court sur pattes et avec des longs poils. Le genre "ma pépette" ! Assis sur la pelouse et ses papattes, l'animal ne voulait pas avancer. Alors la dame a pris son téléphone portable et a passé un appel. Allo ? Oui, il ne veut pas bouger quand il a la laisse... Ah ? ... Bon ...

Elle a détaché la bête qui est partie ventre à terre (au sens propre !). Du coup la dame s'est mise à courir derrière en soufflant dans son téléphone. Oui pouf ... Non... pouf, pouf ...

L'histoire ne dit pas si elle a réussi à rattraper son toutou car quatre tours plus tard, elle trottinait toujours.

 

Si un jour, je devais adopter un animal de compagnie, je prendrais plutôt un félin. Un gros !

 

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Ou pas.

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19 novembre 2013 2 19 /11 /novembre /2013 15:00

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Dans Paris, la panique grandit. Un tireur fou ? Où ça, où ça ?

Appel à témoins dans le métropolitain, diffusion massive des photos de caméras de surveillance (Meuh non, c'est pas big brother, c'est pour la sécurité nationale ...)

Wanted, Un homme avec bonnet, sac en bandoulière et un fusil au bout coupé. La vache !

400 appels reçus dont 120 pris au sérieux ! L'enquête progresse. On a même un peu d'ADN. Super !

Partout entretenons la psychose, brave gens ! Cherchons des coupables !

Le chômage, les impôts, l'éco-taxe, les footballeurs, la neige en novembre. Tout ça c'est la faute à Hollande !

Quelle idée d'aller au Mali et d'avoir nommé Jean-Marc Ayrault ! Manifestons !

Vive le made in France et les prix pas cher !

Pourvu que la droite continue sur les vrais débats : abroger ou non le mariage pour tous. That is the question !

 

Aboyons citoyens, pendant ce temps la bande à Marine avance !

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14 novembre 2013 4 14 /11 /novembre /2013 16:26

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Se poser. Dans son bureau quelques minutes en attendant la prochaine réunion. Rassembler ses pensées et chercher les mots qui vont avec. Trier. Laisser reposer. Formuler ce qui fait sens.

Se poser. Devant une femme aux gros sourcils, tordue de douleur, avec la mort dans le front. Regarder la belle mexicaine, comparer sa sensibilité à celle de Diego. Chercher ce qui touche. Dans la pose, dans la peinture personnelle de Frida, dans la relation Ribeira Kalho, dans la force des convictions partagées. Se laisser inspirer par la volonté d’exprimer l’histoire et le courage des maux supportés. Colonne brisée, fresques effacées. Et rester passionnés. Dans le bleu, la couleur de l’amour. Une pause.

Se poser. Devant les personnages dans la ville. Plonger dans ses univers, avoir envie de parler à ces personnes réelles, Noirs et Blancs. Regarder. Admirer. Soufflée par une dame de Chicago. Woman with floral hat and brooch. Une rose sur le chapeau, une autre à la boutonnière, côté gauche. Sa tête légèrement baissée, les lèvres plissées. Humilité. Sa peau ridée. Une vieille dame chic et mélancolique. Apprêtée et pensive. Un moment immortalisé. Vivan Maier, chapeau l’artiste !

Se poser. Dans une église et se demander à quoi on croit. En l’homme, celui avec un grand H comme femme. Et pourquoi pas en Dieu ? Au fond quelles sont mes convictions ? Hier l’être (humain). Aujourd’hui le néant (plus grand-chose) et puis demain ? L’avoir (ou l’argent) ? Serai-je un jour touchée par la Grâce ? Ou peut-être devrais-je me reposer sur moi. Douter. Laisser tout ça reposer.

Se poser ici. Déposer sur ce blog. Chez moi. 

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7 novembre 2013 4 07 /11 /novembre /2013 17:01

Sur le sol, oubliés des jardiniers et des machines à ratisser, les tiges des feuilles de marronniers, comme un mikado géant roulent sous les pieds, balayées ou enterrées pour quand les bourgeons reviendront.

 

Le chauffage s’allume, le corps se recroqueville, la tête se baisse dans la capuche et les épaules se rentrent sur des déambulations plus courtes. Les rues se vident plus vite et les flâneurs sont moins nombreux.paris oct 13 06

Restent ceux qui

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 Espérant

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profitent du spectacle !

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3 novembre 2013 7 03 /11 /novembre /2013 19:34

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Quelque part au centre, une escale gastro aux saveurs d’automne à quelques centaines de kilomètres de la Tour Eiffel. Un de ces lieux qu’affectionnent les gens de passage, les citadins habitués aux légumes surgelés et jambon rose vif.

Une carte prometteuse s’affiche sur un mur de pierre et de cachet. Gourmand, du terroir ou dégustation, les menus annoncent le ravissement des papilles. Sans mentir, si la cuisson se rapporte au terroir, le cuisinier sera le phénix des hôtes du resto.

Bien que bondé, le lieu est calme, dès que la musique est coupée sur demande.

Les papilles s’agitent, le choix se fait.

L’histoire nous dira que le dîner était parfait.

Une mise en bouche crème de tomate chantilly (entorse aux meilleurs régimes) vaut déjà le voyage.

Des Saint-Jacques (pêchées un poil plus loin) à la fondue de poireaux cuites au millimètre. Un régal

Du maigre (c’est un poisson qui n’est pas gras) avec des légumes anciens dont le goût mélange fermeté et pas déjà vu. Original et goûtu.

Et puis une faisselle à tomber par terre (et heureusement pas !). L’apothéose.

Un dîner parfait donc, nonobstant la bonne demi-heure avant de passer commande et le préposé qui nous hurle depuis l’autre bout de la salle « mais y’a du monde avant vous ! ».

Nonobstant aussi la fraîche stagiaire qui retourne la bouteille de vin vide, fait la moue et nous dit : « oh ben je me suis encore fait avoir, ils me laissent les bouteilles sur la table alors qu’elles sont vides et moi je sers pour rien ».

Nonobstant aussi les couverts qui tombent régulièrement, la sauce au beurre blanc qui glisse sur l’assiette et manque d’atterrir sur mes genoux.

Et nonobstant le regard étonné du serveur à qui on refuse le morceau de pain « bon ben j’débarrasse alors ! ».

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30 octobre 2013 3 30 /10 /octobre /2013 08:25

En plein Marais, le jardin des Archives Nationale, espace entouré d’hôtels particuliers contraste par son calme avec la rue des Francs-Bourgeois voisine. Arrivez depuis l’hôtel de ville par la rue des Archives, un coup d’œil dans ce vaste territoire de vert et de pierres est une surprise intéressante. Beaucoup moins que les réflexions de ceux qui se cassent les dents sur le musée fermé parce que c’est jour de fermeture. «  Oh je déteste cette mentalité de fonctionnaire ». Ils ne travaillent pas eux le mardi ?

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Ressortez par le même endroit et poursuivez jusqu’à la maison de la chasse et de la nature. C’est un immense hôtel particulier qui n’a rien à voir avec les Kangoo pourries des chasseurs du Beaujolais –ou de toute autre région où il vaut mieux éviter de flâner dans les champs à cette saison et de trainer sur les routes de campagne quand la partie est finie. Ici la chasse est mise en avant par quelques toiles – et même quelques Jean-Siméon Chardin tout à fait goûteux-, une impressionnante collection d’appeaux et encore davantage de fusils alignés depuis le XVIème siècle. Arquebuse, tromblons et autres arbalètes, mousquets ou poivrières qui font le régal des papys venus promener leurs petits enfants pour les vacances scolaires.

Mais le plus touchant ce sont les bestioles. Chaque sorte a sa salle. Le sanglier, le cerf et le loup, le chien, les oiseaux, les singes. Il y a la version grandeur nature empaillée et puis aussi des tas d’infos, artistiques ou pédagogiques. Avec l’ours, il y a aussi le gardien qui aime faire la causette. Il oriente, il commente, il accueille. Comme si c’était chez lui.

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Et puis il y a la touche moderne, une expo temporaire au milieu des trophées. Des têtes en crochet au milieu des vraies, des installations peu complaisantes. Une belle prise de recul et d’intégration réussie de la tradition et du contemporain ! chasse4.JPG

Bref, le 62 rue des Archives mérite une visite !

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