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Le propos

Regards sur la culture, images des rues, mots venus par inspiration

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10 mars 2015 2 10 /03 /mars /2015 18:12
Voie cactée

Histoire imagée et entièrement imaginée. Toute ressemblance avec des faits réels ou des personnages ayant corps, autres que ceux croisés par hasard serait pure coïncidence fortuite et involontaire.

Voie cactéeVoie cactée

Elle a beau regarder partout, dans tous les plis, sous toutes les coutures, plus une once de blanc, nulle part.

Ils se sont rencontrés devant une assiette de crevettes, à moins que ce ne soit au bar de l'hôtel ? Difficile de date. Elle ne saurait plus dire et puis elle est fatiguée. Trop de nuits blanches enchaînées. Elle s'était pourtant promis de se reposer et c'est d'ailleurs pour cela qu'elle avait embarqué Béatrice, parce qu'avec Béa elle était assurée d'un rythme pépère, ou plutôt mémère.

Mais au bout de deux jours, le naturel avait repris le dessus, revenu au galop, ressurgi du fin fond de son espace. Elle s'était ennuyée et sentant l'insomnie poindre, elle avait laissé Béa et sa tisane et elle avait été boire un verre, deux ou trois dans les fauteuils modernes et confortables du lounge. Les vacances seraient longues s'était-elle dit à ce moment là. Mais ce n'est rien à côté de ce qui l'attend se dit-elle à présent.

Béatrice l'avait plantée en journée aussi au jour 3. Migraine, maux de ventres, varices ? peu importe. Elle avait pris la navette du resort pour une journée plage. Elle avait marché le long de la mer, comme tous les autres, autoroute alibi de vacanciers bâfrant aux buffets des petit-déjeuners, et diners, désireux de perdre trois grammes, balance toujours excédentaire.

Voie cactée
Voie cactéeVoie cactée
Voie cactée

Elle s'était assise au bord d'une dune à l'abri du vent. Quand il s'était approché, elle avait reconnu un des golfeurs de l'hôtel. Grand, blond et bronzé, polo Ralph Lauren, sourire à l'épreuve des détartrages. Ils s'étaient souri et puis chabadabada, elle s'était retrouvée dans ses bras. Carpe Diem, rencontres trop rares, blablabla. Une nuit, deux nuits. Et plus de nouvelles de Béa. Plage, piscine, homard, champagne, elle avait passé de bonnes vacances. Il avait raconté son entreprise et Francfort, elle avait parlé de ses clients à l'agence de comm.

Le vendredi en fin d'après-midi, elle avait senti l'appel du retour. Béa, l'avion, le bureau, le gris.

Elle avait décidé d'en profiter jusqu'à la lie et n'avait eu aucun mal à le convaincre de passer la nuit, leur dernière, sous les étoiles, dans un de ces lits où prélassent la journée des corps de tous âges au milieu du jardin de cactées.

Voie cactée

Dans la nuit, les formes phalliques éclairées à leur base renvoient des couleurs vives, surréelles.

Ils sont des ombres, des formes en mouvement. Ils se livrent à des préliminaires longs et gourmands. Elle apprécie les caresses dans les endroits les plus improbables et elle le lui rend bien. Elle jouit deux fois et demi. Elle est sur un nuage, embarquée dans le plaisir. La brise fraîche leur donne de l'ardeur. Quand il s'interrompt, elle croit à une respiration, à une reprise de volée contrôlée. Et puis le temps lui semble long. Elle frissonne. Elle le secoue, gentiment, en anglais et hurle en français quand il ne réagit pas. Masse inerte. Dans la pénombre elle ne voit rien, juste une forme toute noire et elle sent la peau refroidie de son amant.

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7 mars 2015 6 07 /03 /mars /2015 19:04
Flouis Vuitton

Flouis Vuitton

L'oeil se perd sur les reliefs, s'attarde sur les reflets.

L'espace est complexe et l'oeuvre d'Olafur Eliasson éclaire le vide.

Tout est fait pour se perdre, et ses repères.

Louis Piéton

Louis Piéton

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1 mars 2015 7 01 /03 /mars /2015 18:18

L'expo commence par ces deux portraits :

pieter hugo2

Et puis il y en a d'autres. Des visages, des regards, des vies toutes entières posées et saisies par l'oeil de Pieter Hugo, photographe sud africain et jeune. Les humains alternent avec les objets. C'est l'un ou l'autre, le focus est fait, parti prit. Un regard d'aujourd'hui sur un pays de contrastes, schizophrène dit-il.

Je suis restée scotchée sur ce banc blanc qui raconte sans commentaire l'attente éphémère tellement répétée qu'elle s'inscrit durablement. Ce banc sous titré "en maison de retraite" s'intercale entre une photo de la grand mère de l'artiste allongée, le regard très loin et une de l'artiste posant avec son bébé nus. Contre symétrie axée autour d'un fauteuil et son ombre. 

pieter-hugo.jpg

Allez, courez à la fondation Henri Cartier Bresson. Cette expo ne se rate pas.

http://www.henricartierbresson.org/expositions/

 

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10 février 2015 2 10 /02 /février /2015 18:02

Entre Gibert et la Belle îloise, je déambulais dans le quartier latin en pleine après midi quand mon regard curieux a été attiré par une affiche qui mettait en avant une exposition d’objets de rites et de protection dans la Chine ancienne au musée d'Histoire de la médecine. Je ne savais pas qu’il y avait un musée là, je suis entrée et j’ai pris l’ascenseur avec  la conservatrice.

Arrivée au 3ème étage, j’ai découvert une salle rectangulaire lambrissée et parquetée de bois, bordée de vitrines remplies d’ustensiles médicaux désormais inusités –enfin, j’espère. Dans la partie centrale étaient posées, un peu en vrac, des sculptures en terre cuite ou en bois venues de Chine et conçues il y a très longtemps, un dessinateur du mardi après midi croquant une statuette du XIIème siècle.

Temp

J’ai appris que Paul Gachet, le docteur de Van Gogh était homéopathe, que l'os d'hippopotame a été employé par les Etrusques pour faire de fausses dents.

J’ai engagé une conversation du regard avec un mannequin anatomique en papier mâché plus vrai que nature, tancé les bustes sérieux comme des toubibs qui trônaient ça et là.

 

Je suis restée, scrutant les objets un à un, m’amusant de leurs noms et inventant des histoires qui n’avaient rien à voir. Le lithotome du frère Jacques résonne comme une comptine pour enfants, à la manière de matines sonnées ding dingue dong et pourtant, il sert à couper des vessies. Le brayer n’embraye pas. Il contient des hernies. Et puis mon préféré, les glossocatoches auraient pu être une congrégation de bonnes sœurs adepte des sacrifices des gallinacées et disparue pendant la révolution française. Mais non.

 Temp3

 J’ai passé un moment hors du temps dans ce lieu magique, créatif à souhait et je me suis sentie bien mieux ; Je vous recommande une consultation à 3€50 à la faculté de médecine.

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8 février 2015 7 08 /02 /février /2015 18:04

Dans le cadre de Paris face cachée, des lieux s'ouvrent aux inscrits curieux de découvertes inaccessibles aux simples visites.
Dans une impasse au nom de peintre l'atelier de chana orloff se donne à voir. Elle est née ukrainienne et juive, a fui les pogroms, la barbarie nazi, a participé à la création de l'état d'Israël, s'est mariée et est devenue maman puis grand-mère.
Et puis elle a sculpté en faisant évoluer les matériaux avec ses moyens, en avant garde et avec le contact de grands du Montparnasse. Modigliani la croque. Les midinettes l'inspirent.
Son atelier construit par Auguste Perret est aujourd'hui un musée dédié à son oeuvre. S'y exposent des bustes joufflus, des femmes compactes, des animaux symboliques. Et l'âme de l'artiste.
Pourquoi est elle oubliée aujourd'hui alors qu'elle connut le succès en son époque?
Femme d'innovation, aux partis pris marqués, son oeuvre comporte une dimension politique et une autre clairement artistique.

paris-divers-0039.JPG

Pour la prochaine édition de Paris face cachée dans un an, je vous recommande la visite de ce lieu.
Peut être les déambulations créatives feront elles une petite incursion dans les villas Montsouris d'ici là pour écrire la transformation des faubourgs et des gens. Ça tente quelqu'un?

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6 février 2015 5 06 /02 /février /2015 08:57

A l’hôtel de ville, Magnum expose des clichés de son histoire. Des photos de Paris depuis 1936. Un voyage dans le temps emprunt de magie mélange de quotidien et d’événements marquants. Souvenez-vous ! On y sent le temps qui passe et j’ai relevé des détails, des choses saisies par l’objectif que je ne vois plus aujourd’hui.

  • La signification de Lu sur des affiches (Lefèvre utile, le saviez-vous ?)
  •  Les filles en jupes plissées, chaussettes au mollet
  •  Les gitanes maïs fumées façon Lucky Luke
  •  Un homme politique photographié la clope au bec
  •  Une carriole Félix Potin avec de la viande exposée
  •  Prisunic
  •  Des jeunes types en costume au bal du 14 juillet
  •  Les voitures garées place de la concorde.
  • Simca
  • Des portraits de Lénine sur les murs de la Sorbonne
  • Coluche, Gainsbourg la pensée qui gratte

 http://www.paris.fr/accueil/culture/paris-magnum-la-capitale-par-les-plus-grands-photoreporters/rub_9652_actu_151541_port_24330

Et puis j'aime la transition du chantier, la ville en mouvement. Le pas vers autre chose, et heureusement.

parisleshalles1

Ici le forum apparaîtra autrement bientôt et les échafaudages temporaires iront servir ailleurs. Encore !

parisleshalles5


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26 janvier 2015 1 26 /01 /janvier /2015 16:12

Un article de Lola, Plume invitée de Plume de rue, une idée déambulation

Que peuvent avoir en commun Anglais, Russes, Arméniens, Italiens, Espagnols, Belges….Ils ont tous mis leur audace, leur créativité, leur grain de folie et immense talent au service de la Mode Française.

C’est  ce que nous montre l’exposition « FashionMix » qui se déroule actuellement au Musée de l'Immigration Porte Dorée. http://www.histoire-immigration.fr/

N’est ce pas Charles Frederick Worth, un Anglais qui a été le premier en 1845 à fonder à Paris le principe de maison de couture, en inventant le mannequin vivant, le concept de mode de saison.. Son exemple sera suivi par beaucoup d’autres comme un grand nombre de Russes ayant fui la révolution ;

Ce mélange de savoir-faire, cette mixité des styles, techniques  sont les fondements de cette mode française. 

Les derniers couturiers exposés de manière chronologique montrent encore aujourd’hui que beauté rime avec mixité. Cette exposition rend un bel hommage à la richesse de cette mode française héritée de multiples cultures.

Dans le contexte actuel, elle nourrit une réflexion quant à la mixité, à travers de magnifiques tenues hautes en couleurs.

anvers18

Photo Plume de Rue 2014

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11 janvier 2015 7 11 /01 /janvier /2015 18:31

Je suis debout

Tu es juif,

Il était, est, sera Charlie Hebdo

Nous sommes tristes, en colères mais pas désabusés

Vous n'avez pas le droit d'attaquer la liberté, l'égalité et la fraternité

Elles sont nos valeurs !

Charlie.jpg

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9 janvier 2015 5 09 /01 /janvier /2015 09:40

nous charlie

 

La liberté d’expression est bafouée mais pas menacée quand on voit le nombre de conneries qui sont dites sur tous les moyens possibles à commencer par les propos de Marine le Pen sur la peine de mort, je ne suis pas inquiète.

Non, ce qui me terrorise c'est le risque que la peur individuelle et la folie collective nous amène :

Des attentats

Des ratonnades

Le front national

Bref des morts, des comportements inhumains et violents et au final la fin de notre démocratie

Or moi j'y tiens à cette démocratie. J’aime la France, ses valeurs républicains et je veux croire à l’égalité, à la fraternité et à la liberté.

Voilà ce que je propose :

Donner à l'état dont c’est le rôle et à lui seul les moyens de lutter contre le terrorisme. Plus d'hommes plus de formation plus d'outils. Pour cela je suis prête à payer !

Proposer de vraies alternatives au cadre de la religion dans lequel se réfugient des gens en manque de sens et d'activité. Pour cela je suis prête à donner mon temps et mes modestes talents pour animer des ateliers de théâtre improvisé, d'écriture, échanger, former...

Construire des dispositifs adaptés à la répression des actes terroristes. La prison est un nid d’élevage de frustrations et de rencontres malheureuses. Je suis prête à participer au débat, à participer à l’ingénierie d’un dispositif visant à accompagner ceux qui ne doivent pas recommencer.

 

Dimanche j’irai marcher et je serai très heureuse si Tariq Ramadan, Marine Le Pen, Nicolas Sarkozy, Jean-Luc Mélanchon et Florian Philippot sont là aussi.

 

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8 janvier 2015 4 08 /01 /janvier /2015 18:09

Liste de ce que je n’ai pas photographié depuis hier mais qui restera dans mon album personnel :

La tension des policiers qui barrent le boulevard Richard-Lenoir à 11h53 le 7 janvier 2015

Les sirènes et l’urgence des véhicules de secours boulevard de l’Hôpital à 12h41

Mon incrédulité quand j’ai appris la nouvelle à 13h02

Ma rage devant BFM à 15h46

Les longues minutes à tourner avant de trouver le sommeil

Et aujourd’hui

L’émotion de Sophie Aram, de Patrick Pelloux, de Patrick Cohen

Les quelques minutes qui précèdent midi sur la place de l’hôtel de ville

La poignée de main et les cernes de Bertrand Delanoë

Mes pensées pendant une minute silencieuse sous la pluie battante

La boule qui grossit dans mon bide quand je pense à la suite

nous-charlie.png

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