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Regards sur la culture, images des rues, mots venus par inspiration

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17 septembre 2014 3 17 /09 /septembre /2014 14:20

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Hier cité

De négociants habiles

Ayant fait fortune, immense

Et construit des maisons, opulentes

Aux matériaux nobles : marbre, ébène, tek

Aujourd’hui dirigeants de multinationales exilés en ville

Ont quitté leurs demeures, restées là

Dans un village quasi déserté

Sans klaxon ni circulation

Juste ses artères

D’habitants

Vidées

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12 septembre 2014 5 12 /09 /septembre /2014 12:26

Madurai, âme du Tamil Nadu, ville aux millions d’âmes, incarnées et multipliées. Ailleurs, elle s’appellerait Roussette ou Marguerite, elle brouterait l’herbe de plaines gardée par des gauchos, elle porterait une robe mauve et ferait du chocolat. Ici elle est sacrée, sans nom et se nourrit de ce qu’elle trouve.

Elle a été achetée et attachée jusqu’à ce qu’elle soit en âge de trouver la maison de ses maîtres à la fin de la journée. Hier, aujourd’hui et les jours suivants, elle déambule dans les rues selon un circuit qu’elle seule connaît. Elle tourne toujours à gauche en sortant de la petite maison vert anis. A l’angle, le tas d’ordures varie selon les jours. Pelures de jacquiers longues à décomposer, bananes très avancées, emballages non recyclables, sauce boueuse. Elle regarde, renifle, mange un peu. Et puis elle continue sur l’artère goudronnée. Les mobylettes foncent tout droit, sauf sur elle. Souvent elle retrouve quelques copines et ensemble elles se mettent en quête d’ombre. Mais ici elle est presque aussi rare que le silence. Alors elles s’asseyent au pied du trottoir, là où il y a de place, sous le panneau défense de stationner. Elles peuvent rester plusieurs heures. Repartir en suivant le bitume sans un regard pour les boutiques de composants électroniques ou de planches découpées.

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Elle apprécie aussi les cheminements solitaires. Ses sabots l’emmènent jusqu’au temple Sri Meenakshi, effervescent. Lentement elle contourne le marché grouillant de tailleurs, de libraires ou de souvenirs et elle va jusqu’à Nandi. Taureau assis, plusieurs fois sa taille, majestueux. Et si beau. Un jour, elle aura peut-être un veau. Elle a entendu le maître en parler. Un veau qui sera vendu à un autre maître attaché à une autre maison, rose ou violette, jaune safran peut-être.

Sa vie c’est ça. Déambuler.

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10 septembre 2014 3 10 /09 /septembre /2014 22:15

J’aime les pré-vernissages du Bal. Je les attends avec l’impatience de l’enfant qui ne sait pas ce qu’il y va y avoir sous le sapin. Ce sont des moments conviviaux, l’impasse de la Défense envahie d’amateurs de photos pour découvrir des artistes vivants et partager un verre (et parfois un Bagel). Et quand Diane Dufour offre la visite aux amis du Bal, c’est le meilleur moment de la soirée. L’artiste l’accompagne (souvent) et la passion transpire. Si les commentaires éclairent l’œuvre, le regard s’est déjà laissé porter. Antoine d’Agatha, Lewis Baltz, Chris Killip, Mark Cohen, Paul Graham et puis Ponte City. Tous des découvertes, tous des coups de cœurs. Des images qui restent là quelque part : du dépaysement dans l’Angleterre réaliste de Thatcher, des corps flous dans des postures cauchemardesques, des séries de fenêtres ouvertes sur l’imaginaire, une lecture différente selon la distance et jusqu’à un alphabet d'un nouveau langage qui ne se parle pas mais se contemple.

Ce soir, l’affiche prometteuse annonçait des grands noms : Sophie Calle, Antoine d’Agatha et d’autres. Je suis arrivée en avance, pour ne pas en perdre une miette, impatiente de la rencontre, de la retrouvaille avec des artistes que j’aime, de la voix de Diane Dufour.

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Il y avait du champagne et un buffet abondant, un joli coucher de soleil mais pas de visite commentée par Diane Dufour. Peut-être aurait-elle été moins passionnée ? Peut-être aurait-elle expliqué le brief de départ : une autoroute confiée à cinq artistes mais probablement aurait-elle eu plus de mal à parler du rendu, séchée par le manque de profondeur. Exposition sans incarnation, des grands noms pour du fastoche sans incarnation. Un concept rapidement mené sans âme, de l’étalage de photos façon je sais faire et je vais pas me fouler. En plus l’événement est sponsorisé par Vinci. Bref du marketing en lieu et place de l’art.

Ce pré-vernissage au Bal m’a laissé un goût amer. J’espère que ce n’est pas la nouvelle ligne directrice. Sinon, j’irai chercher mes découvertes ailleurs !

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9 septembre 2014 2 09 /09 /septembre /2014 15:36
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Plume de rue vous donne rendez-vous pour la déambulation créative « Vous chantiez ? eh bien dansez maintenant » le dimanche 5 octobre à 11 heures précises à côté de la fontaine aux lions, métro Porte de Pantin.

Nous déambulerons sur le canal de la Vilette avec des moments privilégiés réservés à l’écriture. Je vous inviterai à mêler votre imaginaire et l’inspiration des lieux avec des propositions pour construire un texte, quelques lignes, un mot ou deux.

Nous terminerons vers 14 heures au 104 où nous prendrons le temps de lire vos productions du jour et d’une pause partagée autour d’un repas avant de nous dire au revoir.

Celles et ceux qui le souhaitent pourront m’envoyer leurs écrits pour publication sur ce blog et/ou retour à froid.

La participation à cette déambulation est de 30 euros (hors repas) et se déclare en m'envoyant un email. 

Les places sont limitées aux premiers inscrits, car déambuler se fait mieux en nombre raisonnable.

Retrouvez les textes et images de la déambulation du 7 septembre "Vert-Blanc-Rouge" dans la rubrique "plumes invitées" ou ici.

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8 septembre 2014 1 08 /09 /septembre /2014 16:48

Hier nous sommes partis du Chemin Vert sous le soleil, et arrivés au marché des Enfants-rouges, nous avons partagé un encas joyeux et convivial. Nous avons listé, décrit, inventé, les yeux levés, au rythme des mots sur les carnets. Nous avons croisé Lucien Gaulard, des taureaux abyssiens, des fringues et des fringues, des œuvres d’art à tous les étages. Nous avons partagé des histoires savoureuses et des textes viendront bientôt habiter ces pages.

Merci à vous qui êtes venus déambuler avec Plume de Rue en ce 7 septembre. J’ai passé un très bon moment, bercée par votre enthousiasme et boostée par vos univers, tous singuliers.

Les déambulations suivantes sont en cours de construction : Le mois de la photo, les faces cachées de Montmartre…. Ça vous dit ?

Notre prochain rendez-vous est le dimanche 5 octobre à 11 heures à la porte de Pantin.

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Et puis, deux coups de cœurs. L’un littéraire, l’autre cinématographique. De ces créations qui vous font sentir bien, un peu comme une bonne tranche de partage.

Vous ne trouverez probablement pas  The immortals of Meluha by Amish dans les bonnes librairies de la capitale ou de la Navarre mais éventuellement sur Amazon. C’est le premier tome d’une trilogie mettant en scène un certain Shiva, humain aux allures divines dans une Inde d’il y a 4000 ans. C’est une fresque, ce n’est pas vraiment réaliste ou historique mais c’est délicieux. J’y retrouve l’ambiance de l’Inde, les couleurs et la complexité de ce pays merveilleux qui m’a enchantée. Il y est question de construction, de société, de retrouver l’enthousiasme collectif. Tout cela fonctionne !

Et puis  Hippocrate est à déguster comme un propos humaniste, sans prétention démonstrative. Ce film précieux met en lumière la complexité de notre système, ses aberrations, et toutes les qualités de ceux qui se dépatouillent là-dedans, même de ceux qui jouent le rôle des méchants. Je me suis attachée à tous ces personnages, aucun n’est gentil ou méchant, aucun ne détient aucune vérité, chacun fait un peu, bien, mal, comme il peut et c’est très fort parce que ça change du bien et du mal, des sentiments simples expliqués aux enfants. La vraie vie, c’est plus compliqué que ça !

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2 septembre 2014 2 02 /09 /septembre /2014 13:08

En Inde, je me suis promenée. Et j'ai constaté :

- des cueilleuses de thé, des porteuses de briques, des tisserands de Sari, des bronziers, certains métiers sont sexués.

- quand il y a un homme sur une moto, c'est lui qui conduit

- je n'ai vu aucune femme au volant d'une voiture

- la nuit dans les rues à Cochin, à Madurai aucune femme sans homme

- la publicité pour les joailleries qui fleurit sur les murs du Kerala offre des sourires exclusivement féminins.

 

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29 août 2014 5 29 /08 /août /2014 15:29

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Tout le programme  ici

 

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29 août 2014 5 29 /08 /août /2014 10:50

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Le Kathakali est un art indien.

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Ils se maquillent, nous assistons.

Il explique les mudras, il démontre les sentiments exprimés, je comprends peu.

Vous jouez, elle est un homme.

Tu trouves le temps long.

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25 août 2014 1 25 /08 /août /2014 16:42

-          Du vent dans les palmes, du cri des corbeaux et du ressac de la mer à Khatovan, avant la construction du port maritime international

-          Du sourire de Pushpan, improbable lifegard et délicieux plagiste

-          De la cohue des rickshaws, des motos et des autos à toute heure, en tous lieux, sans pause

-          De quatre vaches arrêtées sous un panneau interdiction de stationner dans un caniveau de Madurai

-          Du goût du poivre dans la sauce coco qui accompagne les idly

-          De l’atmosphère étrange, des rues désertées et des villas abandonnées, ville fantôme de Karaïku un sept août.

-          Des enfants riant et jouant sur la statue d’Indira Gandhi, toboggan d’occasion dans le rose du soleil couchant de la jetée de Pondichéry.

-          Du pied de la masseuse, ferme et délicat, déambulant sur mon corps tout entier

-          Des quelques minutes de lâcher prise aux côtés de mon amour dans l’Ashram de Sri Aurobindo

-          Des cueilleuses de thé, des porteuses de briques, des vanneuses de palmier, des tisserands de saris, des bronziers concentrés sur leur ouvrage, le dos cassé pour quelques centaines de roupies

-          Des champs d’arbustes à thé ou à épices, des herbes coupantes de citronnelle, des bananiers alignés, de la jungle, du vert à perte de vue

-          De la souplesse des gladiateurs de Kalaripayat et de la grâce colorée de l’homme vert du Kathakali

-          De la caresse de la trompe de l’éléphant sur ma tête

-          Des détours par le marché et par le mall, un jour de fête nationale, drapeaux de sortie à Kochi

-          De l’odeur de moisi dans les draps, de ma peau moite, du linge qui ne sèche pas

-          D’un brahmane maigrichon au bout d’une allée bordée de statues de chevaux colorées et habitée de singes malicieux

-          D’avoir tenu le gouvernail du bateau sur les backwaters au petit matin, sous l’œil bienveillant du chantant Cap’tain Vijay

-          Des carcasses de viande pendues à la manière de Chaïm Soutine, quelque part dans la rue des Juifs à Cochin

-          De personnes allongées dans les rues, bougeant à peine des membres archi-maigres

-          De la juxtaposition des lieux de cultes hindouistes, musulmans, chrétiens, juifs, côte à côte, leurs sons mêlés, aux couleurs vives et expressives

-          D’une impression de ne pas avoir été attendue, d’une culture bigarrée et en pleine action, en marche

-          Du brahmane bedonnant attendant le client devant la porte de son autel dans le temple de Meenakschi

-          Des grappes délicates de poivre pendouillant sur les branches perlées d’eau de pluie

-          De la vue sur la ville de Trichy depuis le temple Rockfort, une série de cupcakes aux couleurs vives

-          De l’odeur des ordures en décomposition des déchets posés là, même sur la plage, partout, des hauts le cœur associés

-          De la délicatesse des senteurs des huiles de massage, au camphre pour la tête, au sésame pour le corps, à la rose pour le visage

-          De la forêt de poils aux pattes de la masseuse

-          De mon corps essoré par le cours de yoga, tout en contraste avec la souplesse de l’enseignant

-          Du dodelinement de la tête qui veut dire oui

-          De sourires gênés, d’éclats de rire et d’instants de pose pour les photos

-          De jambes maigres dans des lunghis et de ventres remplis de riz

-          D’immeubles en construction à la pelle autour de Trivandrum

-          De la force du courant de l’océan indien, à la montée et à la descente

-          Du vol des rapaces sur la plage au soleil couchant, impression étrange

-          D’un jeu qui se joue aussi professionnel et sans rien, en répétant Kabaddi, Kabaddi, Kabaddi sur une seule respiration

-          Des partis politiques symbolisés sur les murs des maisons pour tous ceux qui votent et ne savent pas lire. Le lotus a gagné les élections nationale et la main a pris une claque, une faucille gouverne le Kerala…

-          Du poids de la noix de coco dont le jus se déguste à la paille, les pieds en éventail

-          De l’impossibilité de faire des écarts culinaires

-          De l’appel à la prière le matin à l’aube, de la sono du temple le soir, l’après-midi, souvent

-          De la chemise blanche et pantalon bleu, impeccablement repassés en toutes circonstances, de Jamalmoïty qui dort dans son bus

-          De temples en granit rose aux façades délicatement sculptées dont j’ai oublié les noms et de quelques histoires des dieux et de leurs acolytes, foisonnantes

-          D’un cortège funéraire, un corps habillé de blanc allongé et porté au son des voix et des clochettes

-          Des pubs géantes pour les bijoutiers jalonnant les routes du Kerala

-          De la joie des enfants et de l’accueil des enseignantes pour la visite impromptue de leur école quelque part dans un village

-          Du whisky local, beurk.

 

Certains de ses souvenirs ont été photographiés, d’autres pas. Les images sont à venir…

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31 juillet 2014 4 31 /07 /juillet /2014 16:17

Le Panthéon, c’est là où la patrie est reconnaissante aux grands hommes (et quelques femmes). Le bâtiment est ostensiblement majestueux, pompeux et néoclassique. On y rentre en faisant la queue et on se bouscule dans la crypte pour reconnaître Jean Moulin, Voltaire, Marie (et Pierre) Curie, des tas de généraux sans qui la France aurait perdu des guerres, quelques scribouilleurs méritants etc, etc.

En ce moment, le panthéon est en travaux ! Alors pour fêter cela, et égayer les couvre-échafaudages blancs, la main a été laissée à JR photographe et portraitiste. Sous la nef, dans la coupole, une immense fresque de têtes : plein d’êtres humains anonymes et hétérogènes, peut-être grands, crépus parfois, en costume ou en civil, souriants mais pas toujours.

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Des gens normaux comme la fille derrière son comptoir qui achète les livres que les particuliers revendent en patientant pour quelques euros chez Gibert, des originaux comme celui qui joue de l’orgue de barbarie avec des chats dans une bannette place de l’opéra, des tristounets comme celui qui rentre des données dans une base toute la journée et s’égaie quand il reçoit un appel.

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Il y a peut-être le chauffeur de taxi qui m’a ramenée hier soir, sans un mot, sans radio ou celui qui reste bien stationné au milieu de la chaussée quand je suis lancée en descente et en Vélib Boulevard Raspail. Il y a sûrement un épicier ouvert après le dernier métro, une dame qui prend le premier RER, un patron, une chef de service, un employé, une contremaîtresse, une ouvrière, un manageur de transition et puis un garçon de café, une femme de ménage, un sage-homme, un gigolo, mon voisin du dessus, votre grande tante, un car de touristes déjà repartis, des résidents qui attendent leur permis de séjour. Quelqu'un qui a déjà voté front national mais ne l'a pas dit, un artiste, une éleveuse de bergers allemands.

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Bref, plein de gens à qui on a fait une place temporaire au Panthéon, juste parce qu'ils sont des êtres humains. Et tant mieux !

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