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Le propos

Regards sur la culture, images des rues, mots venus par inspiration

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Se réveiller et constater l’absence de l’autre, se réjouir qu’il soit encore tôt, préparer café et tartines et retourner au lit avec la perspective de finir un roman policier.

Atteindre l’objectif en survolant quelques détails inintéressants – nombreux. Constater le ciel bleu par endroits et projeter une traversée du jardin.

Finir le polar, se doucher, s’habiller – changer d’idée, mettre du plus chaud, penser à la réunion de l’après-midi.

Fermer la porte en sentant l’envie de revenir vite et imaginer une soirée cocoon. Lire, écrire, mater un film comme occupations possibles et finir la courgette et le poulet.

Fermer l’imper pour éviter que le froid ne saisisse trop, tout en appréciant la température. Sourire et remercier le type payé par la mairie qui fait traverser les enfants tous les matins entre 8h et 8h30 –se dire qu’il mériterait un post sur plume de rue, laisser filer l’idée.

Se souvenir d’un texto auquel il faut répondre. Formuler le message dans sa tête. Repenser à la conversation de la veille. Se sentir bien de partager sa vie, apprécier la sérénité que cela procure.

Se laisser assaillir par les mots d’un ex-ami à ce sujet, les mises en garde, la précipitation, les précautions à prendre. Avoir envie de lui hurler que peut-être mais en attendant, vous êtes heureuse. Détester l’oiseau de mauvais augure, le détester de son attitude envers vous et vous conforter dans la résolution associée à ex.

Entrer dans le jardin avec la réminiscence d’une bribe de conversation avec l’être qui partage votre vie. Vous dire qu’en effet vous n’êtes pas claire dans ce que vous aimez et chercher à mettre des mots et des notions sur ce qui vous plait, là tout de suite, dans ce parc et dans la traversée matinale que vous en faites. Mettre dans le panier des plaisirs, la statue de Mendès France, le son des oiseaux, celui du pivert même si ce n’est pas pour aujourd’hui, la présence des jardiniers, l’absence des enfants sur les terrains de jeu, le silence et la texture du sol qui fait crisser vos semelles.

Et puis laisser vos pensées vagabonder sur les événements de la veille. La remarque de votre boss sur une réunion que vous avez animée et lors de laquelle il est intervenu sur tous les sujets, en désaccord avec vous, devant vos collaborateurs « je ne sais pas où on va, où voulez-vous aller, je ne sais pas, je vais réfléchir ». Dresser la liste de toutes les vexations subies, le territoire non défini, sans cesse envahi, la démissionnaire son défaut de loyauté, l’investissement que vous aviez fait en elle et dont vous vous mordez les doigts. Et sentir la colère pointer son nez, inéluctable, installée.

Comprendre  que vous allez arriver en mode grognon au bureau, réaliser que désormais tout vous agace, le bus qui passe sous votre nez, le vélo garé sur le trottoir, la femme qui vous bouscule dans le métro, l’homme qui vous coupe la route dans l’escalator, les types qui distribuent des journaux gratuits à la sortie, la nana qui tend la main. Les détester tous.

Vous en vouloir de réagir ainsi, et vous dire qu’il n’est pourtant pas inéluctable que votre journée soit pourrie. Savoir pourtant que c’est occasion rêvée d’augmenter votre ulcère. Sentir votre ventre se tordre, porter la main sur vos cheveux, hésiter entre vous taper la tête contre les murs ou tout arracher.

Et puis vous souvenir d’une reco de l’être aimé : écris !

Rédiger ce mode d’emploi, enchaîner avec un email –très long- à votre chef pointant tous les sujets sur lesquels vous avez besoin de visibilité, profiter du déjeuner pour vous atteler à un projet d’écriture en jachère et laisser vos cheveux tranquilles !

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