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8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 11:16

 

bandeauzou

 

Le mois du moi

 

On fait toujours des rencontres en voyage organisé

Certaines prometteuses, et d’autres, tout aussi précieuses, qui permettent de dialoguer avec le con en soi : notre part d’ombre incarnée, celui ou celle qui nous montrent à quel point nous sommes des gens bien.

La catharsis de mon dernier voyage, un parcours de 5000km en Afrique australe, s’appelle Agnès. Agnès est suisse, habite un appartement dans le vieux Genève et enseigne les maths.

Agnès ne tient pas en place.

Au cours des longues heures passées dans le bus, elle bouge sans cesse, enlève et remet ses chaussures, parcourt l’allée centrale, ouvre les fenêtres, prend des photos en rafale, et raconte ses expéditions en montagne, à base de marches forcées, de chaussettes trempées et d’abris précaires. Elle semble croire qu’elle est le sel de notre groupe un peu mollasson de bourgeois en voyage, alors que nous offrons un contenant à sa fureur vibrionnante.

De temps en temps, elle nous fait la morale sur le sens du collectif : il faut écraser les bouteilles d’eau minérale pour éviter qu’elles  n’encombrent la poubelle, et faire la chasse aux papiers gras et aux kleenex usagés avant de quitter les campings. En fait, son sens des autres est tout à fait abstrait, c’est une environnementaliste au sens strict du terme. Si elle avait été militaire, elle aurait été une fervente partisane de la bombe à neutrons, qui tue les êtres en minimisant les retombées radioactives.

Elle démontre un talent très sûr pour s’occuper d’elle même : toujours la première à choisir l’emplacement de sa tente, à aller se doucher (et à vider la moitié de la réserve d’eau chaude), à se servir des meilleurs morceaux de viande ou des bananes les plus fraîches.

Quand elle est hors du bus, il faut qu’on la photographie, partout. Agnès  sur un tronc d’arbre pétrifié, Agnès  caressant un guépard, Agnès  au pied de la dune la plus grande du monde, Agnès  au sommet de la dune la plus grande du monde, Agnès  au réveil sortant de sa tente, Agnès  faisant la vaisselle à la lampe frontale.

L’apothéose se situe au dernier jour. Agnès fait une OPA sur le don de nos vieux vêtements que notre guide nous a proposé de collecter. Après le déjeuner, elle embarque le bus et le chauffeur vers un township qu’elle a repéré.

Le soir, à l’apéro, elle  raconte la distribution de vêtements, en faisant défiler les vues sur son appareil photo. Elle apparaît dans une photo sur deux, le reste montrant foules et bousculades.

Pourtant, la dernière est un magnifique portrait d’un jeune homme qui vient visiblement de choisir et d’enfiler un pull bleu électrique.

Agnès  commente, extatique :  « c’est génial, c’est mon pull qu’il a choisi ».

Zou

 

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24 novembre 2011 4 24 /11 /novembre /2011 15:42

bandeauzou

 

  Le sens de la prière

En vacances, avant le coucher, nous disions le « Notre Père » avec notre grand-mère.

Dans cette France des années 70 en cours de déchristianisation, notre chambre dortoir était un ilot détaché du 19è siècle,  avec son histoire en images du curé d’Ars, et au dessus de chaque lit un crucifix agrémenté d’une branchette de buis.

C’était à la fois un rite précieux, et une formalité casse pieds, que nous avions hâte d’expédier : ahhh la glissade vers le amen final, pour enfin jouer, crier, et se faire engueuler jusqu’à extinction finale des feux.

Un  soir, je me mis à regarder  ma grand-mère. Je fus frappée par sa présence physique aux mots, la densité particulière de son corps, l’abandon de ses mains. Sa transfiguration.

Et tous les soirs, je me mis à guetter ce moment d’étrangeté où je ne reconnaissais plus celle qui adorait bavarder, partir en balade, jouer aux cartes et au scrabble, et nous aider à organiser carnavals et pièces de théâtre.

Un jour, alors que nous étions seules, je lui demandai  « à quoi ça sert de prier ».

Elle me répondit « Jésus ça a été un homme, n’est ce pas ? et tu sais comment ça marche, avec les hommes : si tu les tannes, ils finissent par céder »

Une autre fois, elle laisse échapper, à l’occasion de la réussite au concours de l’X d’un de mes cousins, qu’elle fait des neuvaines pour TOUS les examens de TOUS ses petits enfants. Nous sommes 15, je fais le compte : une neuvaine égale neuf jours, à raison d’un chapelet par jour. Un chapelet égale cinq dizaines de « je vous salue Marie », quatre « Notre Père » et un Crédo. Soit pour une neuvaine quatre cent quatre vingt quinze prières.  En prenant  une moyenne annuelle de cinq examens de tous ordres, cela fait autour de deux mille cinq cents prières. Sans compter toutes les autres.

Quelques années plus tard, quand je lui annonce mon deuxième divorce, elle me lâche, après m’avoir serrée dans ses bras, qu’elle n’est pas contente de Sainte Rita (j’apprends à cette occasion que Sainte Rita est la patronne des causes désespérées). Elle me donne une petite statue de la vierge en olivier ; avant même que j’esquisse la moindre grimace, elle sourit, son œil pétille : « cache la quelque part… on ne sait jamais… ».

A 90 ans, ma grand mère décide d’arrêter ses cures thermales, et d’aller à la place en pèlerinage à Lourdes.

Elle se tape le trajet en train de nuit, le partage de chambre, et elle en rentre à chaque fois renouvelée, de rencontres et papotages, de prières encore, dites en tant de langues, de communions diverses, de gentillesses données et reçues. Très loin de Bernadette et des marchands du temple.

De signe en à signe, de petit caillou en petit caillou, je me rends compte qu’elle prie tout le temps, qu’une énorme partie de sa vie, brûlante, se passe en souterrain, une espèce de lave qui remonte de temps en temps à la surface, qu’elle ne cache ni n’exhibe. Il y a quelqu’un d’autre avec elle en permanence.

Le fin mot de l’histoire,  je l’ai à ses funérailles, dans une église de village.

Elle a laissé une lettre, courte :

«Je pars confiante, pleine d'espoir en Celui que j'aime et que je prie depuis mon enfance

« Ne soyez pas tristes, je ne pars pas, j'arrive. »

 

 

Zou

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10 novembre 2011 4 10 /11 /novembre /2011 15:40

bandeauzou

 

Ourcq

Je cours, le ciel est gris.

Je suis partie de la Villette, Fontaine aux Lions, l’eau sort des gueules vert sombre raccord avec la margelle dorée, les pavés bien nets,  le ciel qui se plombe.

Je contourne la fontaine et prends une allée bordée de platanes ; à ma droite, sur un terrain à l’herbe très verte, des joueurs de foot en maillot rouge s’entraînent. Je vais sur la pelouse et dans ce vert quasi fluo un radis rose se détache, orphelin d’un pique nique.

Je cours. J’oblique vers le bord du canal. L’eau est à ras, plate et grise, tellement plate qu’elle en devient insondable.

Je passe devant la Géode, où se reflètent les nuages qui forcissent et s’assombrissent, boussole du temps et de sa beauté perpétuelle, et de l’humeur du parc. J’y vois à présent une petite pluie qui brumise et rafraîchit.

Au long du canal commence un autre climat, une carcasse d’usine avec une banque dedans. A première vue je suis séduite, du verre, de l’acier, de la modernité dans des formes anciennes. Mais tout cela est net et sans bavures, le vide m’étreint de tant de lignes sans équivoque, sans mystère et sans mémoire malgré les restes. Ca tourne à vide et c’est désincarné. Un pur décor, à peine mieux que ces panneaux trompe l’œil que l’on met devant des bâtiments chics en travaux. Une haute grille court tout du long, rompue au milieu par un tourniquet de deux ou trois mètres de haut. Inaccessible.

De l’autre côté, j’avance et  slalome entre des parterres de fleurs rouge orangé, les pavés sont jointoyés un peu large, mon pied se fait moins sûr ; sur les côtés de petits immeubles soignés. Au loin, au-delà des prochains ponts, j’entrevois une certaine nudité et la promesse d’un autre univers.

Il s’est mis à pleuvoir franchement. Je rabats ma capuche sur ma tête. Je sens le frais des gouttes sur mes mains et mon visage ; j’en attrape quelques unes avec ma langue et les écrase sur mon palais. C’est délicieux. Ma sueur se condense dans mon KWay, j’ai chaud. Le canal semble s’élargir, s’ensauvager et redevenir une voie d’eau.

Le paysage est aride, aux deux bords,  de la friche, en face de moi des grues, un entrepôt. Je suis au milieu du monde,  entre ciel et terre, entre deux eaux, je reçois tout et je donne tout : je cours sans effort, tête nue maintenant, les jambes souples, une foulée ample.

Des blocs de béton sont en travers du chemin.  Ici c’est une frontière : il faut vouloir aller de l’autre côté. Devant moi un grand bâtiment désaffecté, vitres brisées, il fait très noir à l’intérieur.

 Je manque shooter dans une assiette en plastique couverte d’une saucisse crue enroulée qui me donne faim. Elle ne sent rien, l’odeur de la pluie emporte tout.

Il y a des morceaux de ferraille devant le bâtiment, je cherche du linge, des matelas, une trace de vie, je ne sais pas, le bâtiment ne se livre pas comme ça. Un mur magnifiquement tagué le sépare d’immeubles de bureaux, boîtes de verres superposées, eux-mêmes donnant sur des habitations.

Je reprends ma course. Le pavé est remplacé peu à peu par de la terre et des gravillons. Ca fait du bien à mes pieds et à mes genoux.

Je tombe sur un espace de hautes broussailles, aux bords jonchés de détritus.

A peu près une trentaine de tentes igloos bleues y sont dispersées. Quelques abris, faits de plaques de bois et de tôle ondulée, se fondant dans le jaune et vert de la végétation. Du linge sèche sur des cordes. Près d’un arbrisseau, un homme est assis, immobile, sur une chaise de jardin.

Que faire ? dire que c’est indigne, militer et reloger, dire que c’est hideux, démanteler et reloger, dire que c’est triste, compatir et reloger ? Dire qu’il faut laisser faire, que les gens ont cet espace ?  Je n’ai pas rencontré ceux qui vivent là, je ne sais pas ce qu’ils pensent ce qu’ils ressentent et ce qu’ils veulent,  ce qu’ils demandent et ce qu’ils disent de leur vie. Si je dis qu’ils sont à dix minutes d’une banque de verre, je dénoncerais, tout ce que je peux dire c’est qu’ils sont loin, loin du regard habituel et du familier.

Zou

 


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27 octobre 2011 4 27 /10 /octobre /2011 14:35

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Avant le show

Demain, la formatrice aguerrie que je suis va animer un groupe de 15 personnes. Trois jours sur la relation client. Routine.

Ca commence à huit heures, en lointaine banlieue, et je décide donc d’arriver la veille, histoire d’être à peu près fraîche au démarrage.

Je réserve donc une chambre dans un hôtel pas trop cher (surtout ne pas fâcher mon client avec des frais somptuaires). Chaumières de France, ça sonne bien, ça fait chez soi, traditionnel, simple, chaud …

J’arrive. L’hôtel est au milieu d’une zone semi industrielle, en bordure de route.

Je rentre et le gérant me donne ma clé de chambre.

Il y a deux lits simples, le matelas est dur, pas de couverture supplémentaire dans le placard, c’est sombre aussi, dans un recoin une porte fenêtre donne sur les parkings. Je déballe mes affaires, et m’aperçois que j’ai oublié ma trousse de toilette, merde … Je suis partie en coup de vent, et les détails logistiques me prennent la tête, j’ai évacué le sujet.

Merde merde merde, quand même ;  je me vois rapidement ne pas me laver les dents pendant deux jours : beurk. Pareil pour le déodorant ; bon il est trop tard ce soir pour chercher un magasin ou une pharmacie, je vais voir le gérant.

Je lui demande s’il a une brosse à dents ; il n’a pas l’air de comprendre, je répète trousse oubliée, brosse à dents, avez-vous ? Ah bon, vous voulez un kit dentaire, oui c’est ça un kit dentaire,  une brosse à dents et du dentifrice pour aller dessus quoi, je ne parle pas l’hôtelier dans le texte. Kit’dentaire, il a dû avaler l’expression entière au cours d’une de ses formations.

Ouf je pourrai me laver les dents. Le reste attendra demain. Je vais dîner.

Pas très faim, j’aurais aimé une salade, mais je ne sais pas pourquoi, je commande une omelette aux lardons.  Et c’est tout ? me demande la serveuse, légèrement agressive, ben oui, c’est tout, de l’eau avec, et du robinet. Visiblement elle ne voit pas comment s’y prendre autrement avec un client qui ne veut pas de café, pas de dessert, pas de bouteille d’eau.

L’omelette est brûlée sur les bords, truffée de lardons, frites minces scintillantes de sel, salade au vinaigre de framboise, tout ça est salé à mort, pourtant je mange tout, reste d’éducation ; je vide à peu près deux litres d’eau.

Près de moi des gars, des habitués en sont à leur deuxième apéro,  ils grignotent des cacahuètes caramélisées. Le gérant explique qu’il s’est gouré, qu’il a pris du sucré et qu’il faut les finir, c’est sûr on est en famille.

Je vais me coucher tôt, pas grand-chose à faire à part dormir.

Ma descente vers le sommeil est interrompue par une voix, un homme au téléphone, quasi comme s’il était dans la pièce à côté, de fait il l’est, les murs sont en papier … et ça dure, ça dure, il doit être minuit, je tape sur le mur ; je n’ai pas de boules quies, elles étaient dans la trousse … je me rendors, pas pour longtemps. Deux litres d’eau, et en plus, j’ai encore soif ; foutus lardons. A la troisième relevée, je me crois tirée d’affaire. Je ferme  les yeux, mais j’entends un ronflement : c’est  du régulier, du vibrant, du costaud, aucun espoir de changement de rythme, d’assourdissement. Un ronfleur de fond qui a pris son rythme de croisière : ma nuit est finie.

Au matin, je suis réveillée en sursaut par mon téléphone. Je vis ce quart d’heure terrible où on s’embarque enfin pour quelques heures de sommeil et où il faut se lever. Je me presse, bourre mon sac des vêtements sales, ça craque de partout … et merde ; il fallait qu’il finisse sa vie chez Chaumières de France.

Avant même de prendre mon café, je vais voir au comptoir, le gérant n’est pas là. C’est un employé qui m’accueille, je lui demande s’il y a un magasin, une pharmacie, pour acheter ce qui me manque ; il ne comprend pas, il s’adresse à son collègue en tamoul, l’autre hausse les épaules et va chercher le chef. Le gérant revient. Il me regarde d’un drôle d’air. Oui il y a une pharmacie dans le coin mais elle est pas ouverte à cette heure là, mais ce n’est pas ma question je sais bien qu’elle n’est pas ouverte, c’est pour tout à l’heure, quand je reviendrai de mon animation, je veux juste savoir où elle est , pas y aller maintenant ; décidément la communication est difficile.

Je lui demande aussi s’il a des sacs en plastique, pour mettre mes affaires,  il me dit non on n’a rien ici, et les magasins en donnent de moins en moins ; je fais quoi moi alors il n’est pas aidant « c’est votre problème » la moutarde me monte au nez ça va devenir le sien si je me mets à gueuler, la journée n’est pas commencée et je suis déjà crevée.

L’employé tamoul me regarde et part soudain, il revient avec un grand sac en papier kraft que les boulangers vous donnent quand vous achetez beaucoup de baguettes.

Le gérant se marre, je remercie chaleureusement.

15mn plus tard, l’air du plus grand bonheur, j’accueille mes quinze stagiaires. C’est sûr je vais avoir des choses à leur raconter.

Zou

 


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13 octobre 2011 4 13 /10 /octobre /2011 11:52

bandeauzou

 

 

Soufflées

 

Une grande brasserie parisienne, un vendredi soir, vers vingt heures.

Une rangée de petites tables carrées, à nappes blanches un peu lourdes, chaises d’un côté, de l’autre une longue banquette de moleskine bordeaux.

Je m’installe côté mou, place ma valise à roulettes près du bar, enlève mon imper, me désencombre. Enfin !  de retour d’une semaine folle je me pose, me réjouis à l’avance d’un morceau de bidoche saignant saucé au pain frais, et d’un verre de bordeaux.

Un couple âgé est installé à la table à côté. Le monsieur de face. Il a le teint très rouge, de petits yeux très bleus, les cheveux blancs, et une petite moustache rase qui part en V de la base de son nez. Vêtements dans les beige caramel, gros velours et laine.

Madame est devant, casque laqué de cheveux gris, chemisier crème, gilet sans manches d’un rose passé.

Je le vois, quarante ou cinquante ans en arrière, tenir un commerce, une grosse boucherie peut être. Je m’en veux un peu de ce cliché.

Je les entends parler. Madame manipule des papiers, il s’agit d’un appartement qu’ils viennent d’acheter. Monsieur lui explique que c’est une bonne opération, qu’il a eu raison, qu’il ne fallait pas hésiter : « 45 années de commerce, ça vous donne des réflexes ». Photo_6D33412E-ABBC-B1D2-09DF-79A76CC7182E.jpg

Bingo.

Arrivent leurs plats. Pour elle une cassolette d’escargots. Pour lui un énorme ris de veau, avec un petit pot de purée à côté. Il fronce les sourcils, au quart de tour avoine le garçon :

« J’ai demandé des pommes soufflées ».

Le garçon escamote le pot.

Il revient quelques minutes plus tard, avec les dites pommes soufflées. Le monsieur les regarde, déçu « elles ne sont pas beaucoup soufflées, là » le garçon tente une réponse, le monsieur s’énerve « moi je sais ce que c’est les pommes soufflées, là elles ne sont pas très soufflées ». Le garçon ne dit rien, il n’a plus rien à dire, il s’en va.

La dame lui touche doucement l’avant bras,  proposant l’apaisement. Une pression ajustée révélant une habitude.

Moi je pense, encore un vieux con réac.

Ils mangent.

Le monsieur prend une pomme soufflée, en bout de fourchette, la met dans sa bouche, la mastique. Il a l’air un peu malheureux.

Plus tard, le garçon arrive pour desservir. L’assiette de pommes soufflées est aux trois quarts pleine.

Le monsieur lui dit, d’une voix tremblante :

« Avant elles étaient comme ça (geste haut et rond), et grillées ; il faut le dire au chef qu’avant elles étaient comme ça et que je venais ici exprès pour ça ».

Soudainement son air perdu me touche.

Il a définitivement perdu quelque chose, un tour de main, une recette, un savoir, une mémoire et un plaisir, c’est minuscule, inestimable,  et c’est perdu.

Zou

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