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Le propos

Regards sur la culture, images des rues, mots venus par inspiration

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18 septembre 2013 3 18 /09 /septembre /2013 09:45

Le fourgon déboule de l'Avenue de l'observatoire et franchit le carrefour port royal sirènes hurlantes. Direction palais de justice.
Sur la pointe des pieds, mains agripées aux barreaux, des têtes basanées regardent défiler le pavé comme si elles ne voulaient ne rien en perdre.
Je vais bosser, ils vont se faire expulser.

P1040174.JPG

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13 septembre 2013 5 13 /09 /septembre /2013 12:23

 

 

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Ils se tiennent aux poignées du bus. Ils sont chargés de sacoches, d'ordinateurs, de smartphones.
Ils ont vingt ans. A peu près.

 

- C'est quoi ton exposé ?

- La critique pontificale par Erasme
- T'as choisi?
- Ben oui, à cause de la date

 

 

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19 juin 2013 3 19 /06 /juin /2013 15:40

Heure de pointe, rame pleine, journée normale : pas d’orage, pas de grève, pas de chaleur excessive (ou de froid intense), pas de match de foot (ou de Rugby ou de fête de la musique), pas de panne d’avarie matérielle liée à un incident voyageur malade. Métro as usual.

Elle monte dans le wagon, le nez dans son téléphone, bouscule un peu, impolitesse modérée, s’installe en jouant des épaules en équilibre au début du couloir, coincée entre sac à mains et mots croisés. Elle écarte les bras, tête baissée, plongée dans son monde pour faire son trou et rester dans ses pensées.

Autour le ton monte. Il y a un couple de trentenaires ordinaires et tous les autres. Son incivilité est pointée du doigt puis de mots. Ils entament un chœur qui commencent par vous êtes mal élevée et se poursuit en insultes personnelles. Elle s’assoit sur le strapontin tout juste laissé vacant par un individu et les quolibets fusent. Le mâle trentenaire ordinaire la colle, elle devient l’objet ouvert de la conversation. Les remarques fusent sur la sueur qui perle sur son front. La trentenaire ordinaire lui montre sa hernie pour preuve de son bon droit à l’injurier.

Quand elle se lève et quitte le wagon, elle entend le mâle bien pensant prendre un air dégoûté et tonitruant signifier qu’il va désinfecter la place qu’elle vient de quitter.

Elle se rend à son bureau frustrée de toutes les réponses qu'elle n'a pas faites, en colère contre cette cabale à peine justifiée et soulagée de ne pas en avoir pris une.paris28.JPG

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16 mai 2013 4 16 /05 /mai /2013 17:58

Hier, je prenais le RER

Ce matin, j'ai laissé passer plusieurs métros.

Demain peut-être trouverai-je la voie.

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8 mars 2013 5 08 /03 /mars /2013 19:33

Ligne 12 vendredi soir, la semaine se termine.

Il est temps d'écrire la page divers, d'oublier la pression entreprise, la crise qui menace de prêt, les espoirs de dégel contrariés, les trous dans la raquette, les actes managériaux et désespérés.
C'est le weekend, la pause du salarié, la liberté de mouvements temporaire.

Sauf pour les lapins.

 

lapin.jpg

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3 mars 2013 7 03 /03 /mars /2013 19:13

Pour ceux qui auraient pensé que les deux jeunes du métro dans le post précédent étaient :

 

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 1112.JPG  1114.JPG

 

Ils ressemblaient plutôt à :1115.JPG

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28 février 2013 4 28 /02 /février /2013 15:14

20h50 dans le métro.

Deux jeunes hommes, vingt-deux ans approximativement discutent.

-          Cyrano c’est hyper connu, on devrait connaître.

-          C’est qui ?

-          C’est de Balzac je crois. Même dans les séries américaines dans les lycées ils la jouent la pièce.

-          Ah ?

-          Si le mec il a un truc avec son nez, il grandit. C'est un peu comme Roméo et Juliette, tu vois.

-         

-          Bon je vais appeler ma mère ce soir, elle doit savoir...

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26 janvier 2013 6 26 /01 /janvier /2013 09:12

Elle est assise, tournée d'un quart, je lui fais face et il se tient debout, accroché à rien d'autre que ses yeux.
Les stations défilent moins vite que leurs sujets. metro.JPG
Elle : t'as vu j'ai fait une une couleur
Lui : ah
Elle : ben t'as pas vu avant j'étais platine.
Lui : ah oui, maintenant t'es comme ca.

Et il montre son col en fourrure synthétique.
Lui : Et moi t'as vu j'ai fait une couleur
Elle : couleur calvitie ouais.
Et puis ils comparent leurs mains sèches. Elle c'est parce qu'elle a une maladie, il sait. Lui il devrait acheter des gants. Le BTP ça abîme, et aujourd'hui il faisait moins 6 à Mantes. Tu sais Mantes la ville, pas Mantes la jolie. Elle lui tend un tube de crème. Il sent l'alcool.
Elle : Et t'étais logé où ?
Lui : au Château. Enfin pas vraiment. A côté. Une petite baraque je sais plus comment ça s'appelle.
Elle : les dépendances, c'était pour les domestiques avant.
Elle évoque ses cours, elle s'éclate.
Elle : sauf les RH c'est trop nul.
Lui : les RH?
Elle : les ressources humaines. La prof elle t'explique comment recruter quelqu'un au cas où t'aurais besoin d'embaucher.
Lui : ....
Elle : ca sert trop à rien.
Lui : et tu vas faire quoi après?
Elle lui explique qu'en gestion de patrimoine on peut être indépendant ou travailler dans une banque pour conseiller des mecs qui veulent placer genre 100 ou 200 000 euros.
Lui : ....
Elle : et aujourd'hui c'était trop bien le cours. La prof elle a expliqué comment défiscaliser, c'est pour payer moins d'impôts. Tu vois t'as plein de techniques ....
Et là je suis descendue mais pour une fois, j'ai regretté que le trajet ne soit pas plus long.

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14 janvier 2013 1 14 /01 /janvier /2013 18:54
Le mariage pour tous, je m’en fous. Ce n’est pas mon combat. Jusqu’à hier, le projet de loi, je m’en lavais les mains, Hollande et sa façon de faire un peu molle, pas mon problème, la PMA dedans ou dehors, non concernée.

Mais hier matin en prenant le métro, j’ai pris une sacrée douche froide. Tous ces gens prêts à ne surtout rien faire évoluer, à défendre le schéma existant sans possibilité d’ouverture, ils étaient réels.

 

Les mots écrits sur les pancartes, une masse bien pensante déterminée à défendre la norme becs et ongles m’ont piquée au vif. Ils étaient si nombreux à se sentir menacés par un peu de changement. Ils dénoncent le danger du droit pour tous, même différents, à la même chose qu’eux. Et demain si on rajoutait aussi des critères de richesse, de race, d’âge dans le droit au mariage ou à la PMA ?

Ce matin en prenant le métro, j’ai regardé autour de moi, impossible de distinguer qui alors je me suis méfiée de tous. En arrivant au bureau, j’avais une furieuse envie de me laver les mains.   

 

Maintenant je suis très en colère. Là y'a danger et il y a des valeurs à défendre. Le 27, je serai là.

 berlin-0917.JPG
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16 novembre 2012 5 16 /11 /novembre /2012 18:02

pariss19

Ce midi, j'avais pris une longue pose déjeuner, histoire de m'aérer. L'esprit surtout. 2h30, c'est beaucoup, alors pour ne pas tirer sur la corde qui me nourrit, j'avais décidé de prendre le métro pour rallier plus vite les 2 stations qui me séparaient de mon lieu de travail. Le téléphone dans une main, les pensées dans l'autre, j'ai bippé sans succès et mon navigo a refusé d'ouvrir le sésame métropolitain. J'ai avisé la pochette plastique supposée renfermer la carte à puce verte et jaunie par les 10 ans de vie commune, fidèle compagne de poche, clé des heures d'attentes cumulées sur les quais odorants, bondés ou vidés, ventés ou surchauffés pour me transporter en bien plus de points que de lettres dans un roman de Proust. Le précieux morceau de carton s'était fait la malle comme

mcommemagdeleine

 un vulgaire prisonnier, valsé de son étui devenu lâche, il m'avait quitté, sans un mot, sans un avertissement. Décontenancée, déboussolée, dénavigoisée, j'ai avisé le guichet et y ai balbutié mon désarroi, terrassée par avance à la l'idée de la complexité à venir et des méandres admistratifs qu'il allait me falloir déjouer pour récupérer mon titre.

L'individu m'a souri. Il m'a expliqué avec patience et plaisir la possibilité de remplacement immédiat de l'objet perdu, moyennant la modique somme de 8 euros, plaisantant au passage ses collègues mais néanmoins concurrents de la SNCF qui ne pouvaient bénéficier d'une telle modernité puisqu'ils avaient le TGV à rembourser et il m'a rendu au bout de 10 minutes tout à fait plaisantes, un nouveau pass, tout neuf dont il avait pris le soin de scotcher l'ouverture de façon à ce que la même mésaventure ne m'arrive pas deux fois. Je suis retournée travailler réconciliée avec la RATP, au moins le temps du trajet et j'ai justifié ma pause prolongée par une étude qualité visant à améliorer notre service client !

 

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