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Le propos

Regards sur la culture, images des rues, mots venus par inspiration

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11 juin 2012 1 11 /06 /juin /2012 09:21

Par Rita

Nous sommes trop souvent dispersés, en miettes, jamais là, ailleurs, plus tard, dans un autre espace, dans un autre temps, les jambes ici, le cœur là bas et les pensées au-delà.

Avec présente la nostalgie de l’éternité, qui prend les pâles couleurs de la pause, des vacances sans vacance.

Revenir dans nos corps oubliés, retrouver nos sens, faire durer le plaisir, trouver le sens…

Goûter savourer déguster être dedans tout entier

Sentir ses reins et ses fesses calés dans un fauteuil, la plante de ses pieds sur le froid de galets, le moelleux d’une moquette, une terre élastique

Faire exploser entre langue et palais les bulles de champagne, ou la pulpe gonflée de jus d’une orange

Picorer un livre, le poser le reprendre, lire puis relire, une phrase, une expression, un bout de dialogue, le mettre en sons en tête en lettres en images en scènes en marche

S’arrêter et regarder le soleil jusqu’à ce qu’il soit complètement couché, jusqu’au au dernier rayon, jusqu’au dernier reflet ; sentir s’assourdir peu à peu la chaleur des braises d’un feu, saisir le moment où le morceau de lave devient morceau de charbon

Danser en laissant entrer le rythme dans son corps, vibrer dans son ventre, prendre possession.

Vivre la caresse ou le baiser, sans attendre, sans savoir, sans comprendre, sans même espérer

Le présent est l’éternité.

 

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Published by Magdeleine - dans Plumes créatives
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9 mars 2012 5 09 /03 /mars /2012 14:24
P1100771Regard, texte et images de Nadège, qui rentre de voyage en Birmanie.
Un petit journal illustré à retrouver sur plume de rue, des impressions légendées et partagées.

 

 

 

 

Birmanie - Portraits au thanakha  
  
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Pour l'amateur de clichés exotiques ces visages peinturlurés sont un régal, d'autant que les femmes se laissent photographier avec plaisir. Le thanakha, cette pâte blanchâtre qu'elles s'appliquent (de l'écorce broyée avec de l'eau), est destiné à les protéger du soleil. Mais c'est aussi une  coquetterie et cela donne lieu parfois à de jolies créations.

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C'est surtout sur les enfants que les mères donnent libre cours à leur fantaisie et à leur talent. Elles dessinent  sur les joues de leur bébé des feuilles, des fleurs,  parfois même des têtes de Mickey.  C'est mignon et attendrissant, les touristes mitraillent. Mais il y a aussi ces fillettes d'une dizaine d'années, petites Lolita, rouge aux lèvres et peintures sur le visage, qui traînent sur les lieux touristiques.  J'éprouve alors un certain malaise, tout cela est bien moins joli tout à coup.

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Published by nadège - dans Plumes créatives
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1 mars 2012 4 01 /03 /mars /2012 10:33
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Regard, texte et images de Nadège, qui rentre de voyage en Birmanie.
Un petit journal illustré à retrouver sur plume de rue, des impressions légendées et partagées.
 
 

Myanmar - Petit journal illustré n° 3 - Sur le lac Inlé

 

 

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Ses eaux bleutées sont ceinturées de montagnes.  Les Inthas, « les fils du lac »,  y ont construit leurs villages sur pilotis. Ils ont créé des jardins flottants, étroites bandes de terre et de végétaux arrimées avec des pieux,  sur lesquels ils cultivent toutes sortes de légumes. Ils travaillent et circulent en barque avec une drôle de façon de pagayer : ils se tiennent debout en équilibre à la pointe de l'embarcation, enroulent leur jambe autour de la rame et manoeuvrent en se déhanchant. Ce beau lac est malheureusement envahi dans ses chenaux par les jacinthes d'eau. Notre barque s'empêtrera dans ces lianes denses et notre piroguier aura bien du mal à s'en extraire.

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La vie est active à Inlé, outre la pêche et l'agriculture il y a de nombreux ateliers disséminés dans les différents villages : fabrication des cigares (les fameux cherottes), tissage de la soie et du fil de lotus, orfèvrerie - autant de pièges à touristes que nous aurons du mal à éviter.

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Une des grandes attractions du lac c'est le temple des chats sauteurs. Des bonzes, qui  s'ennuyaient sans doute, ont appris à leurs chats à sauter à travers un cerceau. Aujourd'hui les moines, agacés par l'afflux des touristes, ont délégué l'exercice à une disciple. Les matous, tout autant lassés, exécutent paresseusement leur numéro contre quelques croquettes devant la foule ébahie (dont je fus bien sûr car comment résister ?). J'irai voir également un centre d'élevage de chats birmans, merveilleuses bêtes au pelage chocolat, qui étaient en voie de disparition. J'y passerai des heures mais ça c'est une autre histoire.

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Published by plume invitée - dans Plumes créatives
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24 février 2012 5 24 /02 /février /2012 10:24
P1100771 Regard, texte et images de Nadège, qui rentre de voyage en Birmanie.
Un petit journal illustré à retrouver sur plume de rue, des impressions légendées et partagées.
 
 
 
 
Petit journal illustré n°2
The Lady
 
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La surprise lorsqu'on se promène à Yangon c'est de découvrir partout des portraits d'Aung San Su Kyi et de son père le général Aung San héros national : posters, agendas, porte-clefs... 
 
  
  
 
 
Je trouverai même le film de Luc Besson, piraté, vendu librement sur le grand marché Bogyoke de Yangon.
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La presse n'est pas en reste non plus et fait sa une d'ASSK.  Après des années de silence il semble que la parole se soit libérée. La Lady est une icône et tous les espoirs se cristallisent sur elle. Lorsque je serai confrontée aux divers dysfonctionnements du pays, les Birmans me diront avec gentillesse et une naïveté touchante "next year... next year it will be better".
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Published by Nadège - dans Plumes créatives
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15 février 2012 3 15 /02 /février /2012 13:31
P1100771Regard, texte et images de Nadège, qui rentre de voyage en Birmanie.
Un petit journal illustré à retrouver sur plume de rue, des impressions légendées et partagées.
 
 
 
 
Petit journal illustré n° 1
Yangon splendeurs et misères
 
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Yangon, la ville aux pagodes d'or. Et la plus grande, la plus majestueuse, la plus impressionnante c'est la Shwedagon : 700 kg d'or sur le stupa central, des pierres précieuses en veux-tu en voilà, des pagodes et pagodons, des temples et clochetons. Ici on prie, mais aussi on se restaure, on se repose, on fait du tourisme...
 
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Par delà les ors, un autre visage : trottoirs défoncés, immeubles délabrés qui laissent deviner parfois une splendeur passée. Le coeur de Yangon bat dans une atmosphère fébrile, terriblement polluée. Le grand port, longtemps laissé à l'abandon, se réveille. Les Chinois s'y activent.
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Published by Nadège - dans Plumes créatives
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27 janvier 2012 5 27 /01 /janvier /2012 07:30

Texte de Véronique


Loup de mer échoué sur la terre ferme d’un square parisien ; sa vie y tangue encore un peu. Un banc nu, des feuilles tombées, l’hiver qui arrive en courant. L’homme sans manteau ne frissonne même pas. Menton en galoche, joues râpeuses, plus de dent, les yeux clairs presque entièrement recouverts d’épais sourcils blanchis, visage sans regard sur un corps de granit.
Se souvient-il qu’on peut se chauffer au bois, au tabac, au calva, à la soupe populaire, au tremblement de la colère ? Se souvient-il du claquement des haubans, des pierres grises du port, d’une main qui prend la sienne pour avoir moins peur du noir ?
Pas de bouteille à sa portée. Aucun sac à son côté. Personne à qui parler. Ni cigarette, ni vivres, ni journal, ni radio. Juste le socle dur de la terre gelée, plage de silence dans la ville tumultueuse, rade déserte adossée à la multitude.
Mettre du jazz à fond, brancher une soufflerie à faire pousser des palmiers, déclamer un poème homérique, se donner du courage, s’avancer d’un pas décidé et dire « ça va ? ». Tu ne me vois pas. Tu ne me regardes pas. Tu ne réponds pas. Tu fais la statue. Tu me figes. Pour respirer, je te souris. J’échoue.

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18 janvier 2012 3 18 /01 /janvier /2012 11:20
Par Sonia
Abandonnée dans cette maison
Aujourd'hui toute ridée
Elle se fait une raison
Plus personne pour l'aimer
_________________________________________
Tâches d'écoliers
Sur les cahiers à spirales
Souvenirs d'enfance
Adieu
_________________________________________
L'enfant parle, je ne l'écoute plus
L'enfant parle, toujours plus
Infatigable dans ses explications
Je pars dans mes pensées
Plus loin, l'enfant parle
Je ne l'entends plus
 
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3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 10:12

Texte et image de Feist

 

Chai tea latte, cookie au beurre salé,

Installez vous, consommez, dégustez !

Canapés moelleux, musique trendy et Mug à votre prénom

Vous accueillent chez eux, à défaut d’être dans votre salon

Ici, les mariages d’aromes s’inspirent des saisons,

La foule impatiente se presse devant les tasses en carton.

Munies de leurs gobelets,

Ces mines réjouies partent à la recherche  d’une place au wifi connectée

Mesdames, messieurs, bienvenue au Starbucks Café,

Où tout n’est que sucre, manne et volutés.

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20 décembre 2011 2 20 /12 /décembre /2011 15:37

 

Je cours et voici que tu roules.

Vite ! Le temps s'accélère, au bord de l'autoroute, je lance un pouce en l'air.

Jadis, en des temps d'avant, au coeur des cirques latins, il signifiait la mort lorsqu'il pointait la terre.

 

 

Je vous échange deux trois babioles, trois fois rien, contre un peu de votre regard, un instant, pas trop longtemps car je sais bien que le temps est argent mais si vous pouviez accéder à mes dérives.

 

Je vous échange un peu de moi, oh, pas grand chose car je ne suis rien au monde mais quand même, si vous vouliez bien, juste un moment, vous arrêter là, au bord de l'autoroute, nous pourrions peut-être discuter du temps qui passe, mais je vous lasse, je le sais bien.

 

Je vous échange "un rien du tout", très poliment, je vous l'assure, vous ne perdrez rien au change, conformément aux usages en cours, même si le prix de l'essence est fort cher, "ce rien du tout" pourrait bien vous mener jusqu'au bout de la terre.

 

Je vous échange de l'inconnu, sans rire, là, dans le petit matin, de l'inconnu tout frais, tout bon, juste un quart de tour d'abandon, de l'inconnu qu'on connaît pas, avouez quand même que ce n'est pas cher échangé ?!

 

Je vous échange quelques mots, simplement quelques syllabes en sirop, sucrés? Pas sûr, miel peut-être? Pourquoi pas? Des mots en pousse café, s'il vous plaît, ou même mieux, des mots en voyages instantanés.

 

Je vous échange mon macadam, juste un zeste de mon urbanisme en voie de développement, du béton, azurèment, et puis quelques zones délabrées, histoire d'être pas trop décalé, avec l'autoroute, vous comprenez ?

 

 

Je vous échange... mais vous accélérez ?

 

C'est bien dommage, je voulais juste vous dire... mais l'échangeur n'attend pas.

 

Nathalie Deysson

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30 novembre 2011 3 30 /11 /novembre /2011 13:19

Texte et photo Nathalie Deysson

 

 

 

 

 

Dialogues en retard, au café du soir, j'imagine le pire et tu n'arrives pas.

 

Devant le comptoir usé et l'oeil déterminé du garçon de café, j'attends.

 

Tes éternelles angoisses, tes fumeuses impasses, tes oublis vagabonds et j'en passe.

Mes futiles tendresses, mes états d'oppression et toutes mes promesses, passons.

Devant ma tasse fumante, le sucre suspendu dans la main qui se tend : j'attends.

 

C'est délicat d'être dans l'expectative de cet instant qui ne se déroule pas.

L'oeil amusé du garçon de café, mon impatience et mon souffle agacé, je presque fulmine, à quoi bon ?

 

La salle s'emplie de quelques anonymes aux brouhahas complices tandis que je tourne indéfiniment, la cuillère au seuil de mon supplice.

 

Un couple d'homo vient se serrer tout près, comme pour s'étouffer mutuellement ou se dissoudre au contact de la chaleur de l'autre: j'ai froid.

Derrière son comptoir à mensonges, toujours le regard appuyé du garçon de café.

 

Au plafond, le néon fait de l'oeil à toute l'assemblée, devant moi le néant : personne.

 

 

Il pleut dehors, comme pour accompagner ma déprime qui commence sa petite musique crispante: je ferme un instant mes écoutilles, je sombre bientôt, mais pas tout de suite, sait-on jamais, tu pourrais arriver !

 

 

" Bonsoir ! " dit en s'asseyant, le garçon aux jolis yeux café...

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