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19 mai 2011 4 19 /05 /mai /2011 15:32

 

 

Du champ en labour

il émerge, empli d'eau, et

lie la terre au ciel

                                                                

 

sans eux

 

Texte : Emmanuelle - Photo : Magdeleine

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17 mai 2011 2 17 /05 /mai /2011 11:10

Ecrit entre Vincennes et Marne par Clément

 

Ce dimanche, Gaétan Delherbe s’apprêtait à passer de 49 à 50 ans en courant près du Lac Daumesnil. Il ralentit sa foulée, respira lentement afin de supporter le choc. Rien, aucun frémissement douloureux en basculant dans le demi-siècle à 10h 47. Puisqu’il en était ainsi, il bifurqua devant le temple bouddhique, traversa le plateau de Gravelle en courant plus vite, fit halte devant le kiosque, le temps de boire une boisson reconstituante, redescendit vers le sentier, traversa la Marne toujours plus vite, hésita à faire un détour par l’île d’Enfer, alla tout droit et arriva à Maison Alfort en sueur, 32 rue René Coty 5e étage porte face ascenseur.

Son 2 pièces cuisine sentait encore la peinture. Hier soir, il avait terminé l’entrée. Tout à l’heure Suzanne, allait venir avec ses bagages. Gaétan lui fera visiter l’appartement, lui offrira la moitié de son armoire de chambre pour ranger ses affaires, lui proposera deux tiroirs du placard de la salle de douche, et lui dira de ranger ses chaussures dans le coffre de l’entrée. Oui, le coffre de l’entrée c’est une bonne idée. Il n’y a plus de place en bas de la penderie. Ensuite, à l’heure de l’apéritif, en buvant un guignolet, il mettra tout de suite au point la question du partage des frais. Gaétan, lors de son premier mariage avait fait le généreux et le regrettait encore. Moitié-moitié sera la devise de son nouveau couple. Après règlement de l’intendance, ils dîneront, il soufflera les bougies de son gâteau d’anniversaire qui décongèle lentement sur le balcon, ils se coucheront pas trop tard car le lundi Gaétan a une réunion de chantier à 7 h 30.

Suzanne est arrivée en retard avec une valise. Elle a refusé de ranger tout de suite ses affaires, elle a tiqué sur les murs mauves de la chambre, elle a trouvé le coffre de l’entrée trop petit pour y caser ses chaussures, elle n’a pas aimé le guignolet, elle a discuté le moitié-moitié, elle n’a pas apprécié le poulet en gelée, elle a trouvé le gâteau écœurant, elle lui a offert la biographie de Mimoun  alors qu’il voulait une place au stade de France pour le match, Lille PSG et elle a refusé de se coucher à 22h 30.

Gaétan l’a mise à la porte. Demain il repassera une annonce dans le journal gratuit du quartier.

 

 

 

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9 mai 2011 1 09 /05 /mai /2011 22:54

 

Une déambulation créative improvisée par Plume de rue sur le thème des figures dans la géométrie arrondie et angulaire du parc de Bercy, sous un soleil rayonnant et quelques nuages cotonneux où se cachent et s'exposent des figures à interpréter à sa façon.

Textes, images statiques et mouvantes : Nadège, Henri et Juliette

 

 

 


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Ils tracent des figures dans les airs et sur le sol, ils ne veulent pas figurer dans les records, mais sont juste heureux devant les figures admiratives des badauds. Légers ils virevoltent et se figurent libres comme l’oiseau. Je les regarde et pour un moment, figure-toi,  je m’envole avec eux.

                                                                                                          Nadège

 

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Quitter la porte d’Italie, changer de décor,

Marcher, marcher encore,

A Bercy-Village

Un autre paysage,

Et ce jardin pareil à une âme mouvante

Sous un soleil aussi abrupt que flamboyant.

Ce jardin de bonheurs bousculés,

Par ces visages, ces images,

Cette jeunesse  dans l’innocence de son âge

Ces adolescents volant, s'envolant sur leur planche

Pour un salut aérien, joyeux

Figurant l’oubli

Et la joie de vivre.

 

Tout à côté, dans un monde de feuilles,
Un  labyrinthe, où crépitent les rires et les cris
D'autres enfants, librement épanouis,
D'autres enfants égarés, l'espace d'un instant.

 

                                                                                                          Henri

 

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A l’heure où ils devraient être assis à un pupitre d’écolier pour apprendre la géométrie ou à dessiner sur du papier, ils pédalent, sautent, patinent, glissent et taguent.

Il a une peau tannée par le soleil où perle la sueur, le regard braqué sur son objectif, un tee-shirt jaune vif qui souligne une musculature travaillée, un jogging et des baskets. Arriver à sauter au moins quatre mètres entre un banc en pierre et un muret, c’est l’exercice qu’il répète en boucle. Derrière c’est à pic, une pente à 35 degrés recouverte de pelouse qui donne tout droit sur la dalle en béton. Il s’échine comme si sa vie en dépendait. Sa figure en veut, son corps tendu en redemande. Il y arrivera, c’est sûr. A force d’entraînement, de gestes répétés et des conseils de ceux qui ont réussi.

Lui comme les autres, ceux qui pédalent, patinent, glissent, sautent ou taguent, ils essaient, font, refont, inlassablement. Déterminés, ils s’entraînent avec opiniâtreté, avec envie et énergie. Pour progresser, pour réussir. Ce qui leur plait. C'est pas ça la clé de la réussite ?

Juliette

 

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18 avril 2011 1 18 /04 /avril /2011 21:16

Une déambulation impromptue, textes et images : Nadège et Juliette

 

 

Voyage en Chine...

 

Venus d’un ailleurs lointain ils ont implanté leur monde dans ce coin de Paris. Au pied des tours du 13ème, sur la dalle des Olympiades, c’est un petit bout de Chine qu’ils ont réinventé. Les camelots et petits vendeurs ont envahi le trottoir. La foule se bouscule : ménagères pressées de faire leur marché et touristes en quête d’exotisme se croisent. C’est samedi et les magasins Tang sont en pleine effervescence.  Ici sont réunies toutes les saveurs et les odeurs de l’Asie. Les rayons débordent de marchandises : sacs de riz de 20 kg, poissons-chats surgelés, épices, herbes, sauces, fruits du  jacquier, mangues, ramboutans, durians…  Dans la galerie marchande les badauds s’attardent devant les boutiques de kimonos aux couleurs  vives, de vidéos pour karaoké et de babioles en tous genres. Les coiffeurs en vitrine s’affairent, pour 3 € ils vous proposent des extensions de mèches.  Au milieu de la foule un groupe d’enfants s’amuse, leurs rires éclatent joyeux. D’autres, casqués de rose, font du vélo sous l’œil fier de leur père.

 

Au détour d’une allée, un temple. Des volutes s’échappent en arabesques d’une vasque où se consume lentement de l’encens. Solennels et kitchs des géants colorés veillent et protègent les fidèles des démons. Des bouddhas ventrus sourient. Une femme secoue des bâtonnets dans une boîte selon un rituel magique. Elle a fait un vœu.  Un bâtonnet est tombé, le sort va parler.  Elle lit un chiffre et prend un papier puis sourit, heureuse.

 

Plus loin, dans l’espace improbable d’un parking souterrain, parmi les voitures et les poubelles, se cache modestement un autre temple. Un orchestre aux étranges instruments à cordes y répète une musique lancinante, imprimant dans les yeux des vieux joueurs une nostalgie du pays lointain. 

 

Paris s’est effacé, nous sommes à Chinatown.

 

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Sur la route du soi

 

Ses pas martèlent la dalle en béton. Autour les cris des enfants sur leurs vélos, l'odeur de l'encens, la mélodie des instruments à corde, le fumet du riz et le goût des mangues ou des fruits du Jacquier. Tout est si réel et pourtant, elle n'est pas là. Elle est quelque part dans la foule de ses pensées qui résonnent dans sa tête comme un orchestre dans un parking souterrain. Dans le ciel nuageux de son existence, les couleurs se mélangent, formant une coupe exotique qu'aucun coiffeur ne saurait refaire. Son corps est douloureux comme après des olympiades, luttant contre ses démons, nageant à contre-courant, sa vie est une course sans fin où les haies sont des tours. Si comme Boudha, elle veut atteindre le Nirvana, elle doit dire STOP ! Il est tang !

 

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Et aussi, made in China, les histoires de Magdeleine, Les yeux de Bouddha et Si les monts Huashan pouvaient parler

 

 

Prochaine déambulation créative, le 8 mai !

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13 avril 2011 3 13 /04 /avril /2011 09:33

Images et légendes Lola, sur la route du vin(gt)

 

 

Mettons les choses au carré pour mieux se reposer

aucarré

Quand l’hiver et le printemps se côtoient

hiver

Notre  Dame vue par le petit bout de la lorgnette

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La campagne à la villecampagne
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2 avril 2011 6 02 /04 /avril /2011 18:52

 

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PAM203PAM204Photos Patrick Masson PAM205

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1 avril 2011 5 01 /04 /avril /2011 08:32

Texte de Clément, écrit sur la route du vin 

Photos de Patrick Masson, venues d'ailleurs

 


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La dame de Saigon n’avait pas prévu de se perdre dans le labyrinthe des carrés symboliques. Trop de vin avait coulé dans le même sens. Elle tanguait, ne sombrait pas, s’accrochait à l’idée que le tulipier de Virginie, là-bas allait la soutenir. Elle aimait les arbres qui venaient de loin. Du reste pour elle tout ce qui venait de loin était extraordinaire, meilleur, plus beau. Pour preuve, n’avait-elle pas troqué son nom d’Albertine Châlon en Dame de Saigon ? 

 

Elle longeait le mur jaune banane du Palais de la Réunification. Le haut col de son corsage en satin orangé lui donnait un port de tête rigide. L’étroitesse de sa jupe carmin entravait ses pas.

COUPER, ça ne va pas.

Tu trottines comme si rien était, mais aller retrouver ta vieille copine Geneviève, l’ambulancière de Diên Biên Phu après quarante ans de silence, ça doit t’émouvoir. Je veux le voir sur ton visage, je veux de l’hésitation dans ta démarche.

ON RECOMMENCE dès le départ. ACTION

Elle longeait le mur jaune banane du Palais de la Réunification. Malgré le haut col rigide de son corsage en satin orangé, elle baissait la tête, son dos se courbait. L’étroitesse de sa jupe carmin rendait ses pas hésitants. Un moment, elle s’arrêta, s’adossa au mur, comme pour reprendre des forces. Là-bas, la traversée du Parc Tao Dan s’annonçait peu plaisante. L’averse de mousson avait inondé les allées. Elle releva sa jupe et enjamba les flaques. Sa ballerine gauche resta plantée dans l’eau boueuse

COUPER, t’as rien compris.damedesaigon3

Alors maintenant tu sautilles au-dessus des flaques d’eau, tu y laisses ta chaussure et continues pied nu, sans problème. Mais tu oublies que t’as 80 berges pauv’ pomme. Mets toi ça dans le crâne, 80 ! Le temps où tu montais à toute vitesse en sautant dans ton ambulance sous les ordres de Bigeard est loin, très loin.

ON RECOMMENCE la traversée du jardin. ACTION 

Les allées du Parc Tao Dan étaient inondées. Elle hésita, l’allée des banians lui parut moins boueuse. Elle avança doucement, ses socques s’enfonçaient dans la terre. Elle arriva enfin rue Nguyên Du, le bas de sa jupe maculée de boue. Elle poursuivit dans les rues de la ville et arriva à la terrasse du Brodard encombrée de touristes. Une seule table était libre. Elle alla s’y asseoir.

COUPER, c’est n’importe quoi.

Alors comme ça, t’arrives au café, tu cherches une table, plutôt que de regarder si ta vieille amie Geneviève de Galard ne serait pas perdu au milieu des touristes ?

ON RECOMMENCE l’entrée au café. ACTION

Elle fut surprise de voir tant de touristes à la terrasse du café. Ainsi cet endroit était encore célèbre. Dans les années soixante, Joseph Kessel, Lucien Bodard et autres journalistes en avaient fait leur fief et y éclusaient des verres pour oublier les canonnades, les râles, les odeurs tièdes du sang et du foutre qui s’échappaient des blessés. Elle dévisagea une à une les têtes aux cheveux blancs. Pas de Geneviève. Déçue, elle s’assied à la seule table de libre, en plein soleil.

La chaleur devint insupportable tout à coup. Elle dégagea ses pieds de ses socques en bois, déboutonna discrètement le col rigide de son corsage et commanda une bière chinoise. Le temps s’écoula comme coulait la sueur dans son dos. Elle s’endormit.

Une voix tremblante la réveilla. « C’est vous le Dame de Saigon ? »  

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31 mars 2011 4 31 /03 /mars /2011 18:44

Texte à deux mains  de Lola et Clément  écrit sur la route du vin(gt)

  

Ce n’est pas dangereux M’man, tu sais bien qu’ils exagèrent toujours à la TV. Je veux y aller M’man, je suis sûre que je peux facilement éviter les jeux de pierre, les balles à leur sifflement, la foule des manifestants. Je pourrais je suis sûre profiter des beaux paysages, voire me baigner et pourquoi pas flâner.

 

Pourquoi pas mais j’ai pas envie de t’accompagner. C’est à cause du vin. Ce Mont de Marie au jus doré, jaune, léger, élevé sans pesticide, dorloté dans le chêne, pouponné dans un verre de cristal, oui ma p’tite, en cristal, pas un gobelet de cantine, faut’ce qui faut. Un Mont de Marie, ça se respecte, ça se hume.

Je n’irai pas me baigner.

 

 

  *****

 

 

D'après un titre original trouvé au  

Nouveau nez - 52 rue de Bagnolet Paris vin(gt)ième.

Un lieu vivement recommandé par Plume de rue !

Merci Agnès.

PAM206Photo : Patrick Masson

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27 mars 2011 7 27 /03 /mars /2011 12:43

par Luce de Mériadec écrit sur la route du vin(gt)

 

L'écluse de l'Arsenal crache avec furie son canal Saint Martin,
s'entrouvre pourtant faiblement.
Les immondices s'amoncellent en amont,
se perdent dans l'enchevêtrement des proues de »Yatch Harbour ».
Halte des riches au pays des pauvres.
Le courant pousse doucement le cadavre d'un SDF,
caressé par les feuilles tombées et les verres en plastique:
« L'eau glisse mieux sur la boue ».
Bruit berlinois au dessus de l'écluse,
un métro passe en crissant-criant. Mur très tagué-
-promenade très risquée
le long des piliers de pierre sculptée.
Non,ce ne sont pas les soleils d'Austerlitz!
L'homme sera découvert par le « Petit lieutenant », oui, celui que met en scène Xavier Beauvois*.
Finalement,c'est un russe qui l'a poussé à l'eau, dans le noir.
Contrairement à ce qu'on pourrait croire,
on a retrouvé dans sa veste 50 euros
- pas de bouteille de vin.
Décidément tout va à volo.
Tant va la cruche à l'eau
qu'à la fin elle se brise!

*allusion au film paru en 2005.

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27 mars 2011 7 27 /03 /mars /2011 11:13

Texte écrit par Lola sur la route du vin(gt).

 

 

Depuis plus d'un siècle, elle en impose, elle nous domine et nous nargue. Faisant fi de toutes les attaques des hommes, ou des affres de la nature, son élégance, sa prestance ont triomphé. Où que l'on soit, d'où que l'on vienne, nous recherchons sa présence et son scintillement à intervalles réguliers nous rassure et guide nos pas.

 

Quand le vent souflle, quand l'orage gronde elle tangue mais ne plie pas. Elle a fait de la devise "elle tangue mais ne sombre pas", sa raison et sa joie de vivre, la dame de fer.

 

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