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17 février 2012 5 17 /02 /février /2012 08:23

eiffel

18 février

Les propales à écrire ...

 

Une proposition d'écriture à faire chez soi ou où on veut. Si on veut ...

Pour ceux qui le souhaitent (ou le veulent), envoyez moi vos textes,

seuls ou avec les photos qui les accompagnent.

Je lis, en réponse j'écris, et souvent je publie ... Ici.

 

Où envoyer ?

 

 

 


Prenez une résolution 2012. Une des votres ou une de celles-ci

Et ... développez-la sous la forme qui vous convient.

mcommemagdeleine

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14 février 2012 2 14 /02 /février /2012 19:48

P1100771

 

 

Plume invitée : Juliette

Ecrit sur proposition

 

 

 

Un jour de janvier, Edouard Chaleautier s assit au pied d’un chêne solognot. Le bleu perçait à travers les arbres dénudés et le soleil jouait avec les branches. L’air frais laissait sa place à l’odeur de sous bois. Edouard Chaleautier dit à la femme qui l’accompagnait : « je suis las ». Le sol était humide et couvert de feuilles que la décomposition n’avait pas attaquées et de bogues de châtaignes amenées par le vent ou les pieds des autres promeneurs. Mais il ne sentait ni le froid de l’un ni le piquant des autres. Il se sentait juste s’effriter de l’intérieur comme l’écorce du bouleau qui lui faisait face. L’arbre ainsi que tous ceux autour étaient maculés de peinture rouge, bleue, jaune ou verte. Edouard Chaleautier allait mourir, c’était une évidence. Pourtant il n’avait pas encore cinquante ans et il était heureux. Ses affaires marchaient et il venait de rencontrer la femme de sa vie. Maryse le regardait, benoîte comme le jour où il était arrivé à la mairie de la Ferté Saint-Aubin quelques mois plus tôt et qu’il avait demandé les autorisations nécessaires à son centre de Paintball.

 

janv1209 janv1214
janv1212 janv1217

 

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6 février 2012 1 06 /02 /février /2012 18:14

P1100771

 

Plume invitée : Juliette

 

 

 

 

Les roues de la Ferrari miniature sur le parquet ; accélérations exagérées ; décélérations vociférées ; arrêts brutaux ; crissements imaginaires ; elle frissonne.

Le bébé auquel il manque déjà un bras ; dialogue décousu ; raclées répétées ; poupée infantilisée ; maman singée ; elle tressaille.

Le journal de 20 heures sur l’écran du salon ; nouvelles mauvaises ; temps défraîchi ; catastrophes naturelles ; crise politique ; élection économique ; actualité commentée ; elle serre les poings.

L’enfant fait hurler son jouet ; sa sœur crie sur son baigneur ; leur père monte le son de la télé ; elle marche vers la fenêtre.

Sur le rebord, un pigeon se tait ; elle leur tourne le dos.

Les enfants au lit, il crie. Eux couchés, jouets laissés ; là, le poste allumé. Toujours. Demain ; encore.

Autour, des immeubles identiques ; pièces éclairées ; ombres chinoises ; autres vies ; sans envie ; elle ouvre la fenêtre.

Son cœur bat.

Le pigeon s’envole.

Elle aussi.

 

 

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4 février 2012 6 04 /02 /février /2012 08:58

eiffel

4 février

Les propales à écrire ...

 

Une proposition d'écriture à faire chez soi ou où on veut. Si on veut ...

Pour ceux qui le souhaitent (ou le veulent), envoyez moi vos textes,

seuls ou avec les photos qui les accompagnent.

Je lis, en réponse j'écris, et souvent je publie ... Ici.

 

Où envoyer ?

 

 

 


Choisissez un personnage, homme, femme, d'aujourd'hui, d'hier, réel ou fictif.

Décrivez le, son nom, ses origines, ses passions, sa vie et notez tout sous la forme d'une fiche d'identité. Pour vous.

 

A un moment de sa vie, ce personnage transmet quelque chose à quelqu'un. Cela peut être de son plein gré ou au contraire à son insu, une chose majeure ou insignifiante, etc ...  Racontez nous !

 

mcommemagdeleine

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27 mai 2011 5 27 /05 /mai /2011 08:52

Ecrit un dimanche à Giverny par Juliette,

sur une proposition de Véronique.

Une déambulation entre roses et toiles

 

 

gare.JPG

 

Ils passent autour, s’agitent telle une fourmilière où elle ne serait que le cadavre d’un coléoptère.

Ils passent sans la voir, dans un tel niveau sonore que cela réveillerait même un mort.

Des familles pressées d’aller voir la mer, des amants impatients de s’envoyer en l’air et toujours quelques hommes d’affaires.

Ils passent sur elle, assise à même le sol, la tête rentrée dans les épaules et les yeux fixés sur ses mains noueuses, malheureuse.

Elle est là depuis des heures, une éternité et pourtant ça ne fait que quelques minutes. Elle s’est laissée choir au milieu de la salle des pas perdus de la gare Saint-Lazare, entre le relais H et le quai numéro huit.

Elle s’était apprêtée, préparée, maquillée. Tout était calculé, huilé, anticipé. Elle lui avait même dit d’acheter son billet à l’avance pour être sûr de ne pas le rater.

Elle savait que cette fois c’était la bonne, qu’il faudrait apprendre à vivre ensemble, certes, mais elle était prête.

Et puis il y avait eu ce coup de fil, sur son portable qui ne sonnait jamais. Sauf quand c’était lui.

Elle pensait que cette fois, c’était la bonne. Et puis pas. Encore pas. Et patatras.

Elle s’est fait mal en tombant, genou sanglant.

Elle ne se relèverait peut-être pas. Sûrement pas. Alors elle resterait là. Assise là.

Toute sa vie.

Les annonces défilent, les trains s'annoncent, les rires fusent, les chiens aboient, les valises passent, les enfants courent, crient et les discussions s’animent.

Autour d’elle le monde vit.

Et dans sa tête tourne en boucle cette unique phrase : qu’est-ce que je vais devenir ?

Ecroulé l’avenir. L’amant a déclaré forfait. Béante la plaie.

 

************

 

Autour d’elle la cohue des visiteurs grouille, passe, s'arrête et commente.

Elle est assise face à la toile, des grandes verticales et une balustrade pas tout à fait horizontale. Mais ce qui a attiré son regard ce sont les fleurs.

Ses mains rougies posées sur ses genoux, elle sent la démangeaison gagner en vigueur.

Une nature morte, elle y a quelques heures auparavant quand de la porte elle s'est mangé le battant.

Tout ceci n’a plus d’importance car le vent léger qui vient des coquelicots souffle jusque sur elle. Un bouquet de vulgaires fleurs des champs dans un pot en terre marron posé sur une rambarde. Rien de plus, rien d’inutile. La toile a été peinte à nue, sans fond de couleur, à plat, naturelle, comme débarrassée du futile. Une tâche de couleur fait ressortir les pétales des fleurs.

Rouges.

Rouge vif.

Rouge pur sorti du tube, à peine posé sur la palette.

Du rouge primaire.

Du rouge de colère.

Du rouge sang.

Ses larmes ont lavé le fard sur ses joues, elle a mangé son rouge à lèvres depuis longtemps, en marchant de Saint-Lazare au musée Jacquemart, histoire de faire une pause avant de retrouver son appartement. Le frigo rempli, le lit aux draps propres et les roses dans le vase. Ses attentions vaines.

De simples coquelicots dans un pot l’emmènent. Les champs aux camaïeux de vert, les nuages aux formes mouvantes sur fond de ciel azur, le murmure des oiseaux et du vent dans la glycine.

Autour d’elle, le ballet des visiteurs a disparu, éludé.

Elle est partie avec ces éphémères devenues immortelles.

Apaisée.

 

P1140871

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20 février 2011 7 20 /02 /février /2011 12:44

En déambulant de blog en blog et sur la base de la proposition de la quizaine de la petite fabrique d'écriture.

 

Toute ressemblance avec une situation existante ou ayant existé serait purement fortuite

 

Monsieur le Directeur des Ressources Humaines,

  En me levant ce matin,

Mes pieds et mes mains

Etaient devenus des oursins.P1120027

Tout ce qu’ils touchaient piquait

Démangeait

Ou brûlait.

Si bien que je ne pouvais

Que me recoucher

Sans venir travailler.

J’ai appelé votre subalterne

Le responsable des ressources humaines

Pour lui dire d’envoyer sans plus attendre

un scaphandre,

Afin de venir me repêcher

Puisque je devais m’être noyée

Ou de me laisser

Quelques jours me reposer

Car je devais être victime de surmenage.

Il a répondu que même les mollusques et les coquillages

Qui dans l’eau nagent

Travaillent sans attendre de la retraite, l’âge

Et que je devais rappliquer sans ambages.

Puisque je n’avais plus droit au chapitre,

Je me suis alors refermé comme une huître,

Et j’ai décidé d’abandonner mon boulot

Pendant que je l’entendais dans le combiné dire « Allo ? ».

 Magdeleine

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