Regards de rue, hésitations urbaines, pensées au fil de la Seine et des autres eaux.
Plume invitée : Juliette
Ecrit sur proposition
Un jour de janvier, Edouard Chaleautier s assit au pied d’un chêne solognot. Le bleu perçait à travers les arbres dénudés et le soleil jouait avec les branches. L’air frais laissait sa place à l’odeur de sous bois. Edouard Chaleautier dit à la femme qui l’accompagnait : « je suis las ». Le sol était humide et couvert de feuilles que la décomposition n’avait pas attaquées et de bogues de châtaignes amenées par le vent ou les pieds des autres promeneurs. Mais il ne sentait ni le froid de l’un ni le piquant des autres. Il se sentait juste s’effriter de l’intérieur comme l’écorce du bouleau qui lui faisait face. L’arbre ainsi que tous ceux autour étaient maculés de peinture rouge, bleue, jaune ou verte. Edouard Chaleautier allait mourir, c’était une évidence. Pourtant il n’avait pas encore cinquante ans et il était heureux. Ses affaires marchaient et il venait de rencontrer la femme de sa vie. Maryse le regardait, benoîte comme le jour où il était arrivé à la mairie de la Ferté Saint-Aubin quelques mois plus tôt et qu’il avait demandé les autorisations nécessaires à son centre de Paintball.
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