Regards de rue, hésitations urbaines, pensées au fil de la Seine et des autres eaux.
Fin de clap
Le public de musique classique est réputé pour son intransigeance et ses rites…
Respecter un silence profond, esquisser des mimiques entendues à l’entrée de passages clés connus des seuls mélomanes, et surtout, surtout, ne pas applaudir à la fin d’un « morceau de bravoure » ou d’un acte.
J’ai vu plus d’une fois un malheureux, pris par l’enthousiasme, s’élancer – on le sent prêt à une frénésie de claquements et de sifflements – et au premier clap, se ratatiner dans son siège, fusillé du regard et quasi en état de mort sociale.
Ils exagèrent, me disais-je, quel snobisme !
Jusqu’au jour où, Salle Pleyel, écoutant un concerto de violon de Mozart, à un moment où l’instrument doit faire entendre une ligne à peine tenue, frémissante, avant de remonter en un chant glorieux, une grande majorité du public, croyant à une fin perlée, se mit à applaudir…
Je regardai alors l’interprète, suspendue dans son geste, le visage décomposé… combien d’heures passées pour trouver ce fil ténu ?
Depuis je suis rentrée dans le camp des garde silence…