Regards de rue, hésitations urbaines, pensées au fil de la Seine et des autres eaux.
Exposition Eva Besnyö au Jeu de Paume à Paris (jusqu’en septembre 2012). Née en 1910, elle quitte Budapest pour Berlin au début des années 30. De confession juive, elle rejoint rapidement les Pays Bas où elle mourra en 2003. Entre ces deux dates, une vie de photographe en noir et blanc, des lignes de perspective qui réconcilient l’architecture et les corps. Vertige et sensualité à fleur d’objectif.
Au final de l’exposition, un documentaire nous montre Eva Besnyö, à plus de 80 ans, réalisant la sélection de ses œuvres pour la postérité. Toute une vie d’un travail salué et reconnu défile. Jusqu’au moment où elle commente ses photos des Dolle Mina, les féministes activistes néerlandaises des années 70 : « Là, on a dit que j’avais fait mes pires photographies ; mais je devais le faire, représenter ce qui se passait ». Des photos deviendraient-elles moins belles quand on choisit d'y cadrer des femmes en colère ?