Regards de rue, hésitations urbaines, pensées au fil de la Seine et des autres eaux.
Par Rita
Nous sommes trop souvent dispersés, en miettes, jamais là, ailleurs, plus tard, dans un autre espace, dans un autre temps, les jambes ici, le cœur là bas et les pensées au-delà.
Avec présente la nostalgie de l’éternité, qui prend les pâles couleurs de la pause, des vacances sans vacance.
Revenir dans nos corps oubliés, retrouver nos sens, faire durer le plaisir, trouver le sens…
Goûter savourer déguster être dedans tout entier
Sentir ses reins et ses fesses calés dans un fauteuil, la plante de ses pieds sur le froid de galets, le moelleux d’une moquette, une terre élastique
Faire exploser entre langue et palais les bulles de champagne, ou la pulpe gonflée de jus d’une orange
Picorer un livre, le poser le reprendre, lire puis relire, une phrase, une expression, un bout de dialogue, le mettre en sons en tête en lettres en images en scènes en marche
S’arrêter et regarder le soleil jusqu’à ce qu’il soit complètement couché, jusqu’au au dernier rayon, jusqu’au dernier reflet ; sentir s’assourdir peu à peu la chaleur des braises d’un feu, saisir le moment où le morceau de lave devient morceau de charbon
Danser en laissant entrer le rythme dans son corps, vibrer dans son ventre, prendre possession.
Vivre la caresse ou le baiser, sans attendre, sans savoir, sans comprendre, sans même espérer
Le présent est l’éternité.