Regards de rue, hésitations urbaines, pensées au fil de la Seine et des autres eaux.
Invisibilité, mot féminin de grand talent - Chronique 20 d’Alix, féministe
Qu’il est beau le rapport de Michèle Reiser, membre du CSA, sur l’image des femmes dans les médias ! Ne vous emballez pas, il ne s’agissait pas de compter les seins nus placardés sur les kiosques à journaux ; mais de comparer les temps de parole des femmes et des hommes sollicités pour leur expertise dans la presse (papier, radio, tv). Devinez qui a gagné ? Femmes = moins de 20%. Pour celles et ceux qui manqueraient de repères statistiques, il faut savoir qu’il y a plus de 20% de femmes diplômées en France et qu’il leur arrive même d’être majoritaires dans certaines disciplines professionnelles (magistrature, éducation, etc). Les journalistes avaient promis de faire des efforts après la parution du précédent rapport. Devant la stabilité sans faille des résultats 2011, ils arguent de deux obstacles à l’évolution de la situation :
1/ les journalistes sont pressés et il leur faut des experts prêts à témoigner rapidement, alors ils tapent dans un fichier existant et masculin ; bref, les habitudes.
2/ les journalistes sollicitent des femmes … mais elles refusent parce qu’elles disent n’être pas assez compétentes ou pas assez disponibles ; bref, elles ne veulent pas.
Un partout la balle au centre. A ce degré-là, l’invisibilité devient une compétence et il convient de se demander qui tient la scie sur la branche. Car il y a beaucoup de femmes parmi les journalistes.