Regards de rue, hésitations urbaines, pensées au fil de la Seine et des autres eaux.
... Et pourtant.
La ligne 7 à 18h un mardi pluvieux. Un violoncelle, une poussette, deux dames dont une non voyante, un chien et la masse. Le wagon est plein, les stations défilent et les gens continuent à monter, écrasant humains et animaux, compressant toujours un peu plus, tassant comme si leur vie en dépendait. "C'est horrible !" dit celle qui n'a ses yeux que pour pleurer. Elle ne peut pas anticiper la foule sur le quai. Juste recevoir. Les coups, les secousses. L'égoïsme de ceux qui ne peuvent pas attendre. 3 Minutes. C'est trop. "C'est horrible !" répète-t-elle en boucle. Et pourtant, de la place il y en a. Dans le couloir, plein. Devant le type assis sur le strapontin et à moitié affalé, un grand trou. Dans la rame qui suit.
La nature a horreur du vide, surtout si elle est humaine.
C'est horrible !