Regards de rue, hésitations urbaines, pensées au fil de la Seine et des autres eaux.
Préparer un gros pot de thé.
Faire infuser le Rooibos dans de l’eau tirée du puits grâce à une éolienne et bouillie sur un réchaud à gaz pendant quarante cinq minutes.
Remplir la gourde tant que le breuvage est brûlant.
Monter dans une bétaillère farcie de touristes Français, Espagnols ou Australiens et conduite par deux fermiers Afrikaners très baraqués et roulant des mécaniques.
Echanger avec tous les cobétaillers sur les us et coutumes des guépards et les trouver bien mignons derrière la barrière.
Frémir en franchissant le portail.
Accuser les cahots de la piste à l’intérieur de l’enclos.
Rouler sur quelques centaines de mètres en s’assurant de cheminer ensemble, touristes, fermiers et guépards.
S’arrêter au lieu de pique-nique usuel des félins aisément reconnaissable aux restes des repas précédents.
Attendre un peu et regarder les guépards attraper les morceaux de carcasses de zèbres jetés par les rouleurs de mécaniques.
Disserter sur le fait que certains sont plus rapides que d’autres, assister aux bagarres et reconnaître les miaulements entre les vociférations des touristes.
Sortir sa gourde de Rooibos refroidi et constater que les guépards sont trop occupés à déchiqueter leur viande à pleines dents.
Boire une gorgée et jeter le reste.
Commander une bière.