Regards de rue, hésitations urbaines, pensées au fil de la Seine et des autres eaux.
Fuyant cache misère
Des parfums luxueux
ou eaux de toilette
du supermaché
Odeurs de l’horreur
Moite du RER
Quand transpirent les pores
la promiscuité
des aisselles de ceux
et celles qui trop près
Tassés comme des porcs
envahissent l’espace
Je ferme les yeux.
Présent et discret
Parfum intérieur
doux et délicat
Souvenir d’ailleurs
Figuier de l’été.
Passants de la gare
Leurs regards hagards
Pourtant femmes et hommes
Traités comme des chiens
Le jour au turbin
Rêvent de lendemains
Mais supportent, contraints
L’enfer quotidien
Famille sustenter
Enfants à élever
Perdent humanité
Ecrasent les pieds
Quelle brutalité.
Je ferme les yeux
Présent et discret
Parfum intérieur
doux et délicat
Souvenir d’ailleurs
Figuier de l’été.
Fermant carapace
Oubliant rapaces
Ailleurs se projette
Bravant la tempête
Une légère brise vient
Faire frétiller mes mains
Poser sur le carnet
les mots qui frissonnent
et résonnent comme
les branches du figuier
qui se laissent flotter
en toute liberté
Alors j'ouvre les yeux
Présent et discret
Parfum intérieur
doux et délicat
Souvenir d’ailleurs
Figuier de l’été.