Regards de rue, hésitations urbaines, pensées au fil de la Seine et des autres eaux.
Deux gamines en haillons, pieds nus dans la poussière.
L'aînée cinq ans, six peut-être porte la benjamine qui marche à peine.
Elles jouent sur un gros rocher, avec ce qui est là, terre, bois, pierres.
Devant elles passent des touristes, en groupe, en couple. En nombre.
Par deux fois en dix minutes, les deux fillettes se voient offrir des bonbons enveloppés dans du plastique, une sucette très rose.
Elles fixent leurs donneuses avec de grands yeux au son des "oh poor girl, oh so cute", et sa version en chinois.
Un arrêt de quelques secondes et celles qui se sont arrêtées sont distancées. Elles pressent le pas vers d'autres temples, moites sous leurs ombrelles.
L'aînée des gamine remise les cadeaux sans les regarder, sans sourire et elles continuent leurs jeux. Calmement. Au même endroit.