Regards de rue, hésitations urbaines, pensées au fil de la Seine et des autres eaux.
Il y a un bassin rectangulaire bordé de baigneuses,
Il y a la lumière revenue qui colore les statues,
Il y a le silence couvert par l'eau du robinet ouvert,
Il y a les surveillants plus nombreux que les visiteurs,
Il y a les carreaux en enfilades et des recoins pour le plaisir de la photo.
Et puis Camille Claudel, œuvres réparties dans les salles côtoyant les croûtes des peintres locaux. Dans ces visages se lit la mélancolie, leurs regards vers le ciel, la main tendue comme des appels à s'extraire du ici et maintenant. Qui sont ces femmes figées, mortes et oubliées ? Elles ont dû obéir à tous ceux, moustachus, ventrus, repus qui s'exposent sur les murs à côté d'elles, satisfaits de leurs conditions. Il ne faisait pas bon être femme, avant. Maîtresse d'homme ou de maison, travailleuse, toujours sans opinion, chargée des enfants, de les faire et de les grandir. Dans les grandes familles du nord et d'ailleurs, les titres se transmettent au mâle et les responsabilités aussi. La femme décore et assure la suite. Heureusement les temps on changé.
Les temps ont changé ?