Regards de rue, hésitations urbaines, pensées au fil de la Seine et des autres eaux.
La quatrième de couv donne la biographie rapide de l’auteur : un enseignant suffisamment jeune pour être moderne, ayant exercé en Algérie et en Corse. Ah, littérature quand tu nous tiens (et ni le temps ni l’argent).
Un des personnages principaux est étudiant en philosophie avant de s’accrocher à son rêve de vivre en Corse, rêve finalement brisé par un associé qui le mène à une vie normale et peu réjouissante, sous un air de renonciation. Les femmes sont des personnages secondaires, et l’une d’elle va échouer ses amours en Algérie. Envies castrées, Désirs contrariés. Ah littérature quand tu nous tiens (Définitivement l’enfer c’est les autres).
Le style est précis, un rien ampoulé peut-être, la langue maniée avec brio, et surtout la référence à Saint-Augustin est prégnante. Ah, littérature quand tu nous tiens (à condition de comprendre les références) !
Voilà le prix Goncourt ! La plume, le sujet, l’auteur, un trio de standards gagnants, Le sermon de la chute de Rome remplit bien tous les critères.
Les lisières était écrit avec les tripes, un rien nombriliste peut-être, mais juste, sincère, sans complaisance, dans un style direct et savoureux. Où les phrases se relisent plusieurs fois pour leur musique et les images qu’elles amènent, et pas parce qu’arrivant à la fin, le début est oublié ! Et puis dans les lisières, le fond touche. Et réciproquement. Un coup de pied qui remue, qui fait repartir.
Je garde mon exemplaire. Précieusement, à côté de ma collection complète d’Olivier Adam. Pour le Ferrari, je le donne. J’en ai plein d’autres qui y ressemblent dans ma bibliothèque.