Regards de rue, hésitations urbaines, pensées au fil de la Seine et des autres eaux.
Samedi, je suis allée au Bal où Antoine d'Agata s'exposait. Forcément, j’avais lu les mises en garde.
Une première salle globalement vide. Une vidéo et des tas alignés, des clichés sur papier recyclé et des bouts de pensées, en format A3 et à emporter chez soi.
Et puis dans la salle du bas, les murs couverts -sans un brin de respiration, de photos de tailles diverses. Une immense composition sur quatre murs qui coupe le souffle. Des corps, des espaces, généralement l'un ou l'autre, des scènes de sexe, du flou, les têtes en photomaton des fichiers de la police, du net, pas très, des hommes de dos, têtes baissées, Sangate, Clermont Ferrand, des bordels vides en Asie, Phnom Penn, des villes quelque part, une en particulier, ses façades grises, le moyen orient, les soldats attendant le Chaland, Sao Paulo, une mère tétant une bouteille d'alcool Blanc et son enfant son sein. Un tourbillon qui donne le tournis et atteint très fort. Ce gars là est ravagé. Son œuvre est démente.
Tout est vrai, chaque image est saisissante. Obscène peut être, vécue sans doute, transmise certainement.
Vous n’irez plus au bal l'exposition est terminée. Tant mieux pour les âmes sensibles. Tant pis pour les sensibles à l’âme.
Depuis mes nuits sont peuplées de cauchemars mais je dis encore !