Regards de rue, hésitations urbaines, pensées au fil de la Seine et des autres eaux.
Dans la chaleur moite d'un Paris orageux, l'imagination circule entre les vides et de pleins, mêlant le présent et le passé. Une errance d'après midi, une déambulation comme un bain de sièges.
Les chaises vertes des Tuileries tendent leurs dossiers aux promeneurs et soulagent les fessiers des visiteurs. Les bribes de conversations échangées et saisies se scellent dans l'acier et s'envolent comme des gouttes d'eau. Imagine la suite.
Les gradins bleu blanc rouge de la place de la Concorde se préparent à accueillir les augustes postérieurs de ceux qui portent l'uniforme et la tradition. Demain une tribune remplie de militaires adossés à un symbole phallique admireront ceux qui marchent au pas. Imagine qu'ils se mettent à courir.
Les fauteuils Louis XV du Petit Palais cohabitent temporairement avec ceux de Chalotte Perriand. Imagine que ce soit tout le temps.
En siège vertical, des CRS attendent, prêts à charger une manif rue de l'université. 10 personnes, 20 au plus. Imagine que le ridicule tue.
La banquette repose dans une salle aux murs blancs et au parquet ciré, vide de personnes, où s'exposent des photos canadiennes mêlant toiles du groupe des sept et jouets incrustés. Incursion dans des souvenirs, la découverte d'une peinture célèbre là-bas et jamais importée ici. Imagine le flash back, quinze ans plus tôt.
Les prie-Dieu de l'église qui se trouve là captent le soleil à travers les vitraux dans le concert de l'aspirateur de la femme de ménage. Imagine all the people, living life in peace.
Les vides
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Les pleins
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