Regards de rue, hésitations urbaines, pensées au fil de la Seine et des autres eaux.
Au Grand Palais les vidéos de Bill Viola se dégustent lentement. Il faut plonger dans son univers d’eau sous toutes ses formes. S'immerger.
http://www.grandpalais.fr/fr/evenement/bill-viola
Un miroir, une onde, un déluge, des perles fines engloutissent, transportent, saisissent, métamorphosent l’humain.
L’œil est attiré, la respiration entraînée, l’entier happé.
Regarder une vidéo de Bill Viola, c’est à chaque fois un nouveau voyage. Un univers calme ou une histoire surprenante, au rythme qu’il a choisi lui. Trois femmes traversent un voile d’eau. Du gris à la couleur, dégoulinantes, il suffit de prendre ce qui est là. Exercice de méditation en deux heures d’exposition. Un corps s’élève d’un socle de pierre sous une pluie inversée, le feu perd contre l’eau, des êtres immergés. Et puis il y a cette salle où des histoires se vivent. Côte à côte une porte ouverte sur un escalier, une maison surplombant un lac où un bateau déménage.
Les sensations affluent. Celles données à vivre par l’écran se mélangent à sa propre histoire personnelle. Chacun la sienne. Dans l’œuvre « Neuf tentatives d’immortalité », le performeur, le vidéaste himself retient sa respiration. Au bout de quelques minutes, j’étouffe. Ensuite il nous emmène chez Vermeer, chez Caravage. Je souris. Facsinée de la justesse. Dans une chambre où la lumière prend la place, dans un quintette de sentiments justes. Mes pensées arrivent et repartent. Le théâtre, la peinture, l’écriture, la photo. Ma propre créativité. Ma sensibilité. Dialogue avec soi et à partager.
Enfin, il y a les mains. Aériennes, réelles, vivantes, quatre paires différentes qui dansent sur l’écran.
Qui ? Nous. Toi. Moi. Eux, elles. Vous. Lui. Le temps.
Respirer. Inspirer. Bill Viola donne à vivre.
https://www.youtube.com/watch?v=CVEfLHY6-bc&feature=player_embedded