Regards de rue, hésitations urbaines, pensées au fil de la Seine et des autres eaux.
Dans un temple japonais, le soir tombe sur le jardin, l’air est moite, les nénuphars se referment et je me souviens.
Je me souviens que vous êtes toutes les deux nées un 2 août.
Je me souviens de vos différences et de vos ressemblances.
Je me souviens de vos rires singuliers et de vos sourires tendres.
Je me souviens des détails de vos appartements, du grincement des parquets, des saveurs des déjeuners familiaux et de l'odeur de vos couvre-lits.
Je me souviens que vous aussi aimiez voyager.
Je me souviens de vos derniers kilomètres.
Je me souviens de vos nouveaux mondes, infranchissables, définitifs.
Je me souviens de vos corps finalement apaisés.
Surplombant le temple, un cimetière rempli d’inconnus disparaît dans la pénombre.
Je me souviens de vous.