Regards de rue, hésitations urbaines, pensées au fil de la Seine et des autres eaux.
En ce dimanche, Plume de rue a déambulé au Grand Palais.
D’autres avaient eu la même idée, garnissant les nymphéas et les meules de foin de crânes ou de longs cheveux, faisant résonner des commentaires plus ou moins inspirés dans la cathédrale rouennaise ou le parlement anglais.
Entendu par exemple : « Sais-tu pourquoi il met toujours des ombrelles aux femmes ? non ? parce que l’ombre est là » ou aussi « Boudin a beaucoup inspiré Monet et notamment pour les ports ». Des propos rattrapés par ceux de Monet à Frédéric Bazille « C’est à force d’observations, de réflexion que l’on trouve » (1864)
Londres, Venise, Varengeville, Rouen, Belle-île, la gare Saint-Lazare, la rue Montorgueil, Argenteuil, Antibes… des séries, de la lumière, parfois dans l’ombre, de l’eau, des vagues, des reflets, des ponts avec des trains dessus. La recherche de l’instantanéité comme un cliché de photographie. Un précurseur, un inventeur. Une exécution parfaite. Des traits de génie.
Des œuvres magnifiques, d’un peintre au talent qui n’a d’égal que sa production, impressionnant.
Du haut de mes presque 40 étés, avec les originaux mis les uns à côté des autres, je comprends enfin pourquoi les salles de classe, les maisons de retraite, les salles d’attente, les chambres d’hôtel sont remplies de ces reproductions dont les couleurs passent par l’effet du temps, pourquoi ces chefs d’œuvres font un tel consensus jusqu’à en être rendus « trop vus, mal vus ».
Monet est paisible, facile à regarder, émouvant parfois. Virtuose dans la recherche du beau. Monet apaise, fédère et éblouit.
Mais Monet n’interpelle jamais, ne dénonce rien, ne proteste pas. En ces temps où l’argent règne en maître donnant aux choses et aux être humains leur valeur, en ces temps où le salut se retrouve dans le recroquevillement et le bien être personnel, où l’individualisme prend le pas sur le groupe, Monet rassure. Monet serait-il l’emblème du conservatisme ?
Quand le quotidien est fait de
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Merci à monsieur Monet de cette parenthèse enchantée.
Merci à Jean de la Lune de ses commentaires éclairés et d'être l'invité de plume de rue avec son "Monet de singe", à la manière du maître.