Regards de rue, hésitations urbaines, pensées au fil de la Seine et des autres eaux.
Je suis née avec une cuillère argentée. Chargée d'histoires vite transformées en surcharge pondérale. Les mots résonnent, comme des chaînes qui nous lient.
Ce n'est de la faute à personne, si je suis. Cela pourrait devenir la mienne de rester collée au mur de mes angoisses comme une mouche sur un pot de miel.
J'avais 20 ans quand une vieille dame américaine m'a dit « les choses finissent toujours par arriver ». Nous travaillions dans un magasin de bonbons dans une station balnéaire de la côte est et elle avait raison : les journées de boulot s'arrêtaient toujours. Sa mort a probablement dû arriver aussi.
Mais j'ai eu la naïveté de croire pendant les 20 années suivantes que sa vérité s'appliquait à tout, sans exception.
J’ai cru aussi ce que me disait ma maman, que ça finit par s'arranger. Mais non. Certaines choses ne s'arrangent jamais. Des frères et sœurs peuvent ne jamais s’entendre, une blessure ne jamais se refermer.
Il est temps pour moi de décoller la mouche, d’arrêter d’attendre ce qui ne viendra jamais, des autres ce qu'ils ne peuvent pas donner, les mots, les gestes. D’arrêter d’attendre que la justice des hommes punisse ceux qui fautent par intention, D’arrêter d’attendre la réciprocité en tout, que les amis pardonnent les faux pas parce que c’est justement le propre de l’amitié.
Ça suffit de rêver, d'espérer. De croire.
Allez, on enchaine !