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Regards de rue, hésitations urbaines, pensées au fil de la Seine et des autres eaux.

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Se prendre au sérieux ou comme un lundi

Le lundi le temps ne passe pas et l’ennui s’amoncelle comme de l’eau croupie sur un toit concave.

Vieille diesel au moteur usé mais infatigable, la semaine se remet en route, le weekend s’estompe à grands renforts de questions rabâchées « t’as passé un bon weekend ? » et à réponses sans sincérité « oui, et toi ? ».

Dans un bureau haussmannien à moulures noircies et moquette limée, je regarde derrière le carreau sale une vue masquée partiellement par un échafaudage et très vite arrêtée par la tôle où défilent le gris clair et le gris foncé, la pluie et la neige, les nuages et les pigeons.

Ici l’on se prend au sérieux. Très. Il faut faire attention à ce qui est dit et encore davantage à ce qui est tu. Les écrits s’emailent mais les impressions ont la vie dure et il vaut mieux rentrer dans le moule, sans réserve. Ici c’est la règle, même si elle est un peu usagée.

Pourtant se prendre au sérieux dépasse le cadre de l’office et ce mal gangrénant va même là où ça ne devrait pas, s’insinuer là où le jeu fait légion, au théâtre. Ne revenons pas sur l’intellectualisme intellectualisant de la femme gauchère mais citons Versus, spectacle improvisé par des comédiens avertis, rondement mené par Veronic Joly, la maîtresse du jeu en ce 17 février. La joute à deux est un pur délice quand elle emmène Olivier Descargues et Yann Stotz, Monsieur Stotz, en cowboy, flics, Gérard ou superhéros dans des univers de Marvel, de Tarentino, d’ici ou d’ailleurs. On les suit, on y croit, on les voit même voler. C’est la magie de l’impro. Mais dans le deuxième duel, la finesse du comique de Cécile Giroud se fait anéantir par une Viviane Marcenaro cabotine et ostensiblement désireuse de prendre toute la scène du théâtre de 10 heures. Quel dommage et quel exemple de non écoute et de manque de construction chez celle qui donne des leçons à ses heures ! Du souvenir douloureux d’un cours d’impro où sous son regard aiguisé, nous devions nous mettre à nu dans une posture à la limite de la folie, je frissonne encore.

Hier, en revanche, je suis allée déambuler du côté de la porte de Pantin, au théâtre Darius Milhaud. La compagnie du Gnou y joue jusqu’à jeudi 28 février, « ce que le merle savait… », un spectacle sorti de l’imagination improvisée d’une troupe amateur. C’est investi et le jeu d'Agnès Papon vaut le détour dans sa sincérité. Alors puisque nous sommes en plein débat sur l’intermittence, la question je la pose : Ne vaut-il pas mieux un bon amateur qui prend son public au sérieux ?

 

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R
Joli moment critique... Si le theatre se met à ressembler aux lundis, rien ne va plus ! Halte à la contamination par le sérieux!
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P
<br /> <br /> ça c'est bien vrai Rita. La seule chose à prendre au sérieux c'est l'amour !<br /> <br /> <br /> <br />