Regards de rue, hésitations urbaines, pensées au fil de la Seine et des autres eaux.
Ce matin dans le métro
Je lisais Retour à Yvetot
De l’immense Annie Ernaux.
D’écrivante souffrait mon ego
Jalousant, la justesse de ses mots
Espérant trouver en moi l’écho
A la pointe de mon stylo.
Gênée par mon voisin sa présence
Je m’apprêtais à lui faire quelque remontrance
Quand pour son téléphone j’eus attirance.
L’Evangile du jour il y lisait avec bienveillance.
Intriguée par une telle séance,
Je l’observai ensuite, souriant sans insuffisance
Par une prière muette finir sa séquence.
Quand je descendis une fois ma station arrivée
Nos deux mondes ne s’étaient pas rencontrés.
Mais j’avais laissé de côté
Mon envie de bouffer du curé
Pour espérer
Qu’en toute égalité
Nous puissions cohabiter,
Par nos différentes pensées,
Tous deux portés.