Regards de rue, hésitations urbaines, pensées au fil de la Seine et des autres eaux.
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Déjà il y a quinze jours, nous avions essayé de pénétrer dans l’immeuble Paris 13 voué à une destruction prochaine et confié à des street artists pour une œuvre collective et éphémère. Devant l’ampleur de la queue et la perspective de plusieurs heures d’attente, nous avions renoncé. A la place, nous avions vu :
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Et aujourd’hui, j’y suis retournée. Je m’étais juré de ne pas renoncer car en la matière, je commence à avoir un peu trop d’expérience. J’ai attendu deux heures et suis arrivée à peine au tiers. Il y avait là un public de jeunes patients, plaisantant et fumant des joints, un type dont je connais désormais toute la vie, prise en otage de sa conversation téléphonique, un père dévoué qui gardait la place pour sa fille, des photographes en chaussures de marche et quelques retraités. J’ai regardé le béton extérieur, lu les 100 dernières pages de De sang froid, pris quelques photos, et enfin trouvé comment régler le noir et blanc. Et puis le soleil s’est caché, le froid s’est infiltré et l’envie de pisser est devenue trop forte. J’avais du temps mais mes calculs m’amenaient au-delà. Je commençais à avoir faim et très mal au dos. Alors à cela aussi j’ai renoncé.
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