Regards de rue, hésitations urbaines, pensées au fil de la Seine et des autres eaux.
Je suis lasse des faux semblants et de ce que je fais ici. Chercher le lecteur, écrire pour et concilier encore. Je mélange car tout est là dans le vrac de mes sensations.
Tours est sans retour, désormais car je suis lasse d’encaisser les «t’es conne » comme entrée en matière et si les ponts sont coupés, qu’ils le soient ! A la place d’un weekend familial tourné en eau de boudin des plus noirs, je suis allée flirter avec Vivian Maier pour éponger ma mélancolie et déambuler à Chenonceau pour tomber nez à nez avec la féérie.
J’ai trouvé l’empathie salvatrice dans l’objectif de la photographe qui aime ses sujets, qu’ils soient de dos ou de face, elle-même ou croisés, à carreaux ou à rayures, à genoux cagneux ou à profils à voilette. Ils me parlent ses portraits et avec les empilements de cageots, je communique. Elle prend ce qui est là, cette chaise encore fumante au milieu de la rue et mes larmes de Noël avec leurs kilos perdus. Avec eux revient l’énergie perdue au combat stérile des quarante dernières années.
Je ravale pour la dernière fois ma colère et les bois de Chenonceau me redonnent du souffle. Plus tard j’aurais adoré voir courir ces petits garçons dans les allées de Diane de Poitiers, les voir pointer du doigt les C entrelacés de Catherine de Medicis et leur dire chut chez la tristoune Louise de Lorraine. C’est Renaissance et aussi au sens propre. Il y a l’être qui m’accompagne et la déco du château nous souhaite un joyeux Noêl. C’est festif et réjouissant. Et puis, les personnages masqués se fondent dans les miroirs et les coins éclairés. L’heure est à l’image et à la parenthèse enchantée.
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Je les ai oubliés quelques minutes mon sens du devoir et ma culpabilité. Mais les petites voix reviennent. Pour les faire taire, ne plus tendre le bâton et ne plus s’exposer. Ça commence (ou ça finit ?) par ici. Je ferme le rideau, au moins quelques temps, histoire de rester avec moi-même et d’explorer d’autres voies et celles infinies de l’amour.
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