Regards de rue, hésitations urbaines, pensées au fil de la Seine et des autres eaux.
La rue Cassini est barrée. Les CRS campent avenue de l'observatoire. Une foule assise écoute.
Le maire rend hommage. Il parle de ces temps troublés, ceux d'aujourd'hui où les extrêmes se rapprochent. Un écho à hier, où c'est allé loin. Si loin que ce n'est pas racontable. c'est le souvenir du courage qui est l'objet.
En ce temps là il y en a qui ont résisté. Et heureusement. Merci à eux, plaque à Jean Moulin dans le soleil.
La fanfare au garde à vous entonne le chant des partisans.
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Je passais là par habitude. Je me suis arrêtée et j'ai écouté les mots choisis de Delanoë, les respirations de ces soldats au garde à vous, le rire étouffé du clarinettiste.
J'aurais volontiers été tentée de les trouver rididules, un rien patriotiques et un peu trop militaires.
Mais l'espace de quelques minutes je me suis sentie fière d'appartenir à cet instant.
Demain et les après demain quand je repasserai par là, comme quand je longe le cimetière où est enterré ma grand-mère, je sentirai mon ventre se serrer.