Regards de rue, hésitations urbaines, pensées au fil de la Seine et des autres eaux.
Certains diraient que je suis partiale, d’autres partisane et les plus durs pointeraient un manque d’esprit critique pour justifier mon soutien inconditionnel à mes auteurs fétiches Olivier Adam et Annie Ernaux. Mais j’assume !
Les sorties sont une joie, l’acquisition rapide (et souvent offerte, merci !) et la lecture des retrouvailles.
D’ailleurs, Olivier, tu me manques ! Le prochain est-il si difficile à écrire après Les lisières ?
Dans Regarde les lumières mon amour, Annie Ernaux utilise la forme –prisée- du journal. Regard jeté sur le supermarché, déambulation au Auchan des 3 fontaines à Cergy. Dans ce court ouvrage, comme souvent chez elle, chaque mot compte. Un milliard d’images s’ouvrent derrière les phrases. Plus objectif qu’un tract politique, mieux qu’un cours de marketing, aussi efficace qu’une vidéo, elle peint une société qui évolue. Sa description fait valeur d’analyse. Et j’ai juste envie de dire : ben ouais !
C’est clair, limpide. Certains diraient- les mêmes qu’au début- simpliste, genre la bourgeoise découvre le supermarché. Ben non, je ne suis pas d’accord. Ce serait ça si ça se voulait démonstratif. Or il n’est pas question d’explication. Et c’est toute la différence. Pas de leçon donnée à la mode : j’ai compris et je vous fais les sous-titres.
Quand je lis Annie Ernaux et aujourd’hui Regarde les lumières mon amour, je me sens portée par une sensation agréable des mots qui s’égrènent et se tiennent. Parfois, je hoche la tête, parfois je souris et il m’arrive d’avoir envie de hurler !
Dans ma bibliothèque, il y a aussi les années, la place, les armoires vides, se perdre, le journal du dehors, ce qu’ils disent ou rien, retour à Yvetot … et j’en oublie… mais pas de les avoir lus !