Regards de rue, hésitations urbaines, pensées au fil de la Seine et des autres eaux.
En direction de l’ouest parisien, le RER au petit matin transporte ceux qui travaillent tôt. Les paupières sont lourdes et les corps affaissés. Venue de la banlieue est, la dame africaine se lève avant l’aube et transpire la fatigue.
Sur le plateau désert de la multinationale, la femme de ménage pousse son chariot de chiffons et de détergents. Elle vaporise du sent bon chimique dans les espaces clos des Directeurs. Pour que ceux-ci, en sortant de leur voiture de fonction garée au parking du sous sol, en dessous de leur grand bureau ne soient pas incommodés par leurs propres effluves de la veille.
Sur la falaise de Bandiagara, la femme africaine se lève avant le soleil, pilonne le mil et transpire pour nourrir les siens. Elle a l'odeur que lui donne la poussière du Mali quand elle se mélange à sa sueur.