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Le propos

Regards sur la culture, images des rues, mots venus par inspiration

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18 mars 2012 7 18 /03 /mars /2012 15:02

  P1100771

Plume invitée : Véronique

Ecrit sur proposition

 

 

Au revoir – il a pris son sac et salut.

Blues en bandoulière, j’arpente le boulevard dans la nuit qui neige ; je m’offre un Get 27 toutes les demi-heures, pas plus.

Corps transis, larmes gelées, il est une heure du mat quand je remonte les six étages enfoncés dans le silence du sommeil d’autrui.

Dormir : une utopie

Ecrire : une illusion

Fuite impossible, coincée entre les murs d’une histoire, sans autre porte que la sortie.

Guerroyer, se battre, combattre, débattre avec les souvenirs – du premier regard à la dernière absence – cristaux, joyaux et fibules, longue épine enfin.

Humble désormais, dénudée, expropriée de la chaleur d’un corps, présence qui s’amenuise si vite, flamme fragile qu’on veut protéger, surtout ne pas souffler.

Il est parti. Il a pris son sac et laissé son vide sur les étagères. Nos livres vivaient enlacés comme nos jambes aux beaux jours de l’amour, mon amour …

Je contemple en aveugle ce délaçage des jambes, des livres, des langues.

K.O. allongée dans le couloir – le froid qui passe sous la porte – apitoiement sur soi – dire à voix haute « il est parti »  et encore « je suis triste » – sanglots libérateurs.

Longtemps vouloir rester là, juste pour avoir froid, se repasser le film des gestes tendres, juste pour avoir mal, se rappeler les petites lâchetés, juste pour nourrir la colère et la faire éclater.

Mille raisons de se séparer, aucune pour accepter de le voir s’éloigner, le dos droit, le sac au bout du bras.

Noyée à cette idée : dans un seul sac, tout est rentré.

Où est-il ?

Personne ne répond. Rappeler. Réentendre sa voix. Couper. Rappeler. Laisser sa voix s’enfoncer. Couper. Rappeler. Ne plus le supporter.

Que décider ? Là maintenant, toujours allongée dans le couloir, épuisée, vidée, les yeux au plafond, glissant d’une fissure à l’autre.

Remettre les choses en perspective.

Sans conviction. Sale habitude, espoir noir, rebond-prison.

Treize années – ma main dans ta main et puis plus rien.

Un sac où tout est rentré.

Vouloir tirer un trait, déraper, refuser le mot de la fin, enrager, laisser les lettres s’envoler :

WXYZ ne pas pouvoir mettre un point



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Published by plume invitée - dans sur proposition
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commentaires

Nadège 20/03/2012 13:40

Fort et beau. Bravo

Magdeleine 27/03/2012 09:39



Merci Nadège. L'amour inspire, c'est une certitude !



E. 19/03/2012 19:16

très beau texte... merci !

Magdeleine 27/03/2012 09:42



Merci à toi pour l'auteure de ce texte. Très beau, je partage.